Mrsroots.fr : le blog déménage !

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Crédits Encrage : @Laurel

C’était bien calme ici, mais ce n’était pas faute de bosser ! Nouveau boulot, nouvelle année (ou presque), nouveau départ… et nouveau blog ! Changes ta blogroll et tes favoris, car à partir d’aujourd’hui, ce blog ne sera plus alimenté.

Vous pouvez donc retrouver tous les articles postés ici à ma nouvelle adresse…

Il est beau, il est chaud, c’est mrsroots.fr

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Atelier :”Repenser la narration : les femmes noires prennent la parole”

Évidemment, il y avait dunBey dans la conversation.

Ces deux derniers jours, j’ai animé un atelier dans le cadre de l’Université populaire organisée par Assiégées. J’avais déjà eu l’occasion de discuter avec des gens, ou même d’en rencontrer lors de cafés littéraires que j’avais organisé, mais l’atelier était une première ! Au milieu d’une vingtaine de femmes noires, entre 20 et 30 ans, nous avons échangé, débattu et réfléchi à la réappropriation de notre narration.

Concrètement ça veut dire quoi ? Eh bien à l’aide de supports et d’articles, mais aussi des expériences des participantes, nous avons d’abord analysé les rouages de l’imaginaire collectif, en voyant comment le capitalisme, le coloris me et l’occidentalisation configurent nos”modèles”, souvent des femmes noires influentes ou au contenu influent répondant à des codes. C’était très intéressant de distinguer l’importance de la représentation et les capitaux que celle-ci engendre et dont les principales concernées ne sont pas bénéficiaires (voir la polémique autour d’Empire et de directeur raciste de la chaîne).

Ensuite, je les ai questionnées sur la légitimité de notre revendication “pour nous et par nous”, et j’ai été frappée par cette colère et fatigue commune que l’on’partage en france, à devoir se justifier, s’excuser, et s’isoler. La non-mixité de l’atelier a vraiment été salvatrice, dans le sens où nous acceptons nos points communs comme nos divergences dans la restitution des femmes noires.

Enfin, la troisième partie était la plus intéressante. Co-anime avec la blogueuse Many, nous avons abordé l’importance du réseau que nous formons en tant que femmes noires, et de l’application de nos compétences pour construire des projets. Je ne compte même plus le nombre de projets cools et divers qui ont été énoncés ! J’étais vraiment heureuse de voir cette réserve d’idées. Il y en a d’ailleurs que nous espérons mettre en pratique – dès que j’aurais retrouvé un ordi potable, tchip.  La dimension d’empowerment était essentielle à cet atelier pour moi, je voulais qu’elles repartent en sachant qu’elles sont dans leur droit, qu’elles sont légitimes et qu’elles peuvent créer, à leur échelle, des outils pour se réapproprier leur narration.

Chaque séance s’est terminée sur le parvis de la BNF, parfois jusqu’à 2h du matin si je ne me trompe pas lol, tant nous avions à dire, à échanger, de manière franche, sans gêne et sans filtre. (Mention speciale quand la secrétaire blanche a entendu une des participantes parler de privilège blanc 😂).

Ce que je retiens également de cet atelier, c’est qu’il gagnerait aà se décentrer. Des femmes se sont déplacées de loin pour cet atelier, et le thème de l’isolement est revenu souvent, surtout pour celles qui comme moi viennent de province. Je compte donc réitérer l’expérience hors de Paris et hors de l’Université populaire, et je vous invite à balancer vos commentaires pour me dire où devrait être ma prochaine destination ;).

D’un point de vue personnel, ça m’a énormément touché de voir que mon blog avait touché certaines des participantes dans leur parcours, et la manière dont elles voulaient “susciter la même chose” à leur tour – (et par la même occasion, j’apprends que des professeurs étudient mes textes dans leurs cours… Mmh faudra qu’on m’explique comment ça se passe, ça m’intéresse !). Bref, ça m’a rappelé pourquoi et pour qui j’écris, et surtout le but de ce blog : laisser une trace pour des filles comme moi.

Afropunk à Paris : dépolitisé par la French Touch ?

Tout a été très bien expliqué sur les problèmes de l’édition d’Afropunk hébergée à Paris il y a quelques jours déjà, et cela explique certainement pourquoi j’ai seulement passé un bon moment de divertissement lors de cette soirée. C’était une première édition qui, … Continue reading

News : Le blog a maintenant sa newsletter !

Certains ont déjà découvert la Newsletter d’Avril, mais je ne l’avais pas annoncé en bon et du forme. Le blog a sa newsletter. Découvrez-là celle d’Avril exceptionnellement ici !

Cette newsletter sera chaque fin de mois un mini-sommaire sur un thème, regroupant plusieurs articles du blog, avec quelques extras ( articles en exclusivité, petites anecdotes, et teasers sur les choses à venir sur le blog… Yep, on est comme ça, nous,héhé).

Pour vous inscrire, cliquez sur le lien, puis sur le bouton “Subscribe”, en haut à gauche 😉

[ENGLISH ARTICLE] Blackfeminism in France : what’s going on ?

It’s been a while since I wrote an english post, right ?

Even if I try to dedicate my blog to french readers, I am more and more concerned about keeping in touch with english-speaker fellows ! If you did not follow the last afrofeminist events taking place in Paris, here is a little recap :

– On February, “Ouvrir La voix”/”Speak up/Make your way” hosted the first black feminist conference ! After 30 years without any event and reunion, we’re back ! It was exciting and I was moved to be part of this event, meeting so many non-white women in the room speaking up. Amandine gay, conference’s president and director of the documentary “Speak up/make your way” presented diverse issues around being a black woman in France. This “we” around the table was meaningfull, because we shared so many different experiences (queer, islam, disability, classism, racism, sexism… ).

On March, my sisters were back in the streets thanks to Mwasi, a black feminist and panafrican association ! Lot of us neve felt represented in this feminist march, and for the first time, we felt there was a place for us, finally. I could’nt be there that day, but I was so full of joy to see all the pictures and all this solidarity. Even though this blackfeminist march was welcomed with racist slurs on social media (and elsewhere), nothing could fight or erase us !

Many things are coming, and it’s funny to see how many people want to insert themselves in our initiatives, so they can use us, lol. Tell’em it won’t work with Black Jesus, lmao. We are strong and visible and here.

I am touched everytime I received a tweet, a mail or private message from a black young woman telling me she’s happy. Happy to see us and what we are doing, happy from the little city where she lives.

assiégées

What’s next ? Well, the first and new intersectional magazine AssiégéEs will launch “Intersectionnalité, toi-même tu sais” (“Intersectionality, you know better”), two days in two countries (France and Belgium) with conferences, workshops and so much more ! I will participate to the one taking place in France, and maybe in Belgium too, but I can’t reveal the program for now… So stay tuned !

Les prochains évènements à venir, et le premier Q/A du blog !

QAbannière

Bonjour tout le monde !

Peu de temps pour lire, et  tellement de projets en route et à venir ! Voici un petit résumé bref des prochaines actualités :

  • Vendredi 27 Mars (ce vendredi donc) : Nasema consacre son émission au 8 mars et au cortège afroféministe sur Radio Libertaire. Vous pourrez suivre l’émission en direct et une brève interview avec Many Chroniques et moi !
  • Le 2 mai, second café littéraire du blog autour du  thème de l’engagement ! (complet). Je vous ferai un petit topo, pour celleux qui n’auront pas pu être là.
  • Le 14 Juin à Paris et 28 Juin à Bruxelles, les journées “Intersectionnalité toi-même tu sais” : tenez-vous bien, les journées ITMTC arrivent ! A cette occasion, je participerai à la journée sur Paris pour un projet secret – suivez leur page Facebook pour connaître leur programme, il sera révélé bientôt 😉 J’ai vraiment hâte de vous en parler. Je serai peut-être également à Bruxelles, à reconfirmer.
  • D’autres portraits de femmes afro sont à venir sur la chaîne Youtube ! La prochaine sera la rédaction du magazine Assiégées, le premier magazine non-mixte pour femmes racisé.e.s, queer et bien  d’autres choses !

Après plus d’un an d’existence, le blog répond à vos questions !

Dans la lignée de ces portraits présentés sur ma chaîne Youtube (Amandine Gay, Po Lomami…) et vu le nombre de questions que je retrouve à plusieurs, je vous propose une vidéo  Q/A où je répondrais à vos questions, 100% transparent – ou presque, hein – :

  • Sur Twitter : Posez votre question, suivie du HT #MRBlog
  • Sur le blog : Posez votre question dans les commentaires de cet article.
  • Sur Facebook : Posez votre question dans les commentaires du post.

C’est le moment, pour les plus timides, de poser leurs questions ! La date du Q/A sera annoncé une fois que j’aurais récolé vos questions 🙂

 

A bientôt !

Le blog a maintenant sa chaîne Youtube : Mrs Roots Vidéo !

2015-02-20 11_54_25-05 la pédagogie c'est fini ! - YouTube

Un jour, peut-être, j’aurais une équipe pour gérer et faire grandir le blog et nous partirons conquérir le monde !! … Mais en attendant, je commence notre petite expansion avec la chaîne vidéo du blog ! Dessus, vous retrouverez des entretiens, des vidéos pour le plaisir, et autres… C’est une nouvelle catégorie du blog, au fil de mes envies, et j’espère que vous apprécierez ! 😉

C’est ici.

Flâner, et autres.

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First of all, I seriously think about having translation of some articles in here. Two students proposed to me to translate the texts I need, and some english readers asked me about it, so maybe 2015 will be the year for more english contents.

Second of all, I am really excited about all the new things coming ! I will be part of the debate “Going out from colonialism”, about the place of black people and their word with Amandine Gay, a director who’s currently working on a documentary about french black women. Here is a pic from the interview I made with her !

I think there will be more videos on this blog, I would like to try this new media and see what it looks like 🙂

Le paradoxe des jours

 

 

Cela fait longtemps que je n’avais pas écrit de posts “Day to day”. Ca me permet parfois de me souvenir que ce blog est, avant d’être une plateforme où je peux créer, écrire, inviter d’autres personnes, à moi.

Pour celleux qui me suivent sur Twitter, ce dernier mois (et quelques semaines) ont été très difficiles moralement et épuisant physiquement ; cumulant à la fois l’arrivée sur Paris, la recherche d’appartements et de perte ou déception en amitié. Ce qui est toujours surprenant est l’espèce d’écart entre l’incroyable bonté et solidarité qu’à susciter ce mauvais passage de ma vie chez des personnes qui ne me connaissent pas – si ce n’est pour ce qu’ils lisent de moi -, et le moral en miettes que je me suis traînée durant ces longs jours avec la violence du quotidien – raciste mais pas que.

Et puis est venu ce moment où, à force d’être éreintée et déprimée, j’ai mis sur pause ou de côté toutes les choses et personnes qui fragiliseraient le peu d’esprit positif qui me restait. Y compris Twitter. J’ai recommencé à me sentir bien, à retrouver mon côté solaire, à gérer les choses une par une, malgré la frustration. Je me suis isolée, j’ai lu, ri, aimé avec les personnes qui étaient encore là. Et puis, j’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un d’encore plus solaire et positif que moi : quand on est prêt du soleil, on cesse petit à petit d’avoir froid et on se souvient de ce que c’est que d’avoir chaud et de se sentir bien. On se détend, on reprend ses marques.  J’ai continué de regarder de loin ce qui se faisait çà et là, j’ai continué d’écrire et j’ai recommencé à être émerveillée par les personnes que je rencontrais par hasard. D’une certaine manière, couper avec le reste pour ne voir que du nouveau et de l’éphémère était moins lourd à gérer.

C’est donc au moment où je m’y attendais le moins que tout m’est tombée dessus. Ca a commencé avec l’interview sur Slate, un mail un peu par hasard, puis une rencontre dans un café, et quelques jours plus tard, une vague de visites, de mots gentils dans ma boîte mail, sur mon blog, ma page facebook. Et au milieu de ces personnes inconnues, des journalistes, des éditeurs, etc…

Le jour où j’ai tenu les clés de mon nouvel appartement dans mes mains était le même jour où je me retrouvais face à une secrétaire qui me demandait “qui dois-je annoncer ?“. “Mrs Roots“.  D’un coup, ce qui était un blog commencé un jour d’été, il y a un an, avait une sorte d’entité au-delà du virtuel. Certes, j’avais déjà reçu des messages adorables de lecteurs et lectrices , mais c’est quelque chose que je ne percute jamais vraiment : je me sens toujours reconnaissante que quelqu’un trouve ici quelque chose qui le réconforte, des rencontres extraordinaires que cela m’apporte, c’est une sorte de bonus à ce que je prends plaisir de faire pour moi, et d’autres filles comme moi.

Ainsi déferla une incroyable bonne vibe, au point que j’en sois submergée, que je me pose et que je me retrouve à me dire “c’est un truc de dingue” à répétition. Je mentirai si je disais que cette vague de bonnes choses et de projets inattendus suffisaient à masquer mon amertume. Mais, une très bonne amie m’a rappelé que j’avais le droit de prendre le temps. Prendre le temps de ne plus être en colère, de sentir de la rancune , de me sentir fragile et déçue. De pleurer et jurer, aussi. Prendre le temps d’être égoïste, à mon tour, chose que j’oublie énormément. C’est un peu triste de tenir une liste de personnes à remercier, à côté d’une autre liste de relations incertaines ou troubles, mais j’ai décidé de ne maintenir que le bon pour le moment, parce que c’est tout simplement ce dont je suis capable. Je n’ai plus d’énergie pour aller chercher et retenir des choses ou des gens, ni la force de m’en vouloir de ne pas le faire.

On oublie parfois que le positif, ce n’est pas nécessairement que tout est réglé, mais juste quelque chose que l’on essaie de semer là où ça veut bien pousser, là où l’on peut s’en occuper. Si ça tient, pousse et grandit, tant mieux. Si cela fane, tant pis.

Je vais bien. Ca peut être dans le métro, en sortant du boulot, assise devant une série, ou simplement avec certaines personnes, mais je vais bien. Parce qu’au fond, ces aléas sont parmi d’autres et qu’en attendant le reste à venir, je veux profiter de ces mises entre parenthèses pour ressentir cette joie du “au jour le jour”, celle qui pointe le bout de son nez quand je lis un de vos messages, de vos commentaires ou tweets. Cette joie qui est là quand je ris à une blague stupide, ou que je découvre un nouveau livre…

Parce qu’au fond, dans les limites de cette bulle que j’aime me tracer, je suis toujours cette fille qui a ouvert il y a un an son blog, seule dans sa chambre. Et ça ne m’empêche pas d’être heureuse.