Les gens et le racisme, un problème d’égo

Un bonne réflexion à l’issue d’une discussion avec Ms Dreydful sur cette tendance à faire du racisme une affaire d’égo offensé qui nie le système des oppressions et enrichit l’idée que le racisme est tabou. A cet article, j’ajouterai seulement qu’à réduire sa réaction “je ne le suis pas” et non une seule fois à un “pourquoi tu dis ça ?”.

Ms. DreydFul

On en parlait avec @mrsxroots, et ça m’a donné envie de faire un court post dessus (du moins, je vais essayer de faire court).

Les gens ont un problème avec le racisme. Déjà, ils ont un problème de définition. Et de ce problème de définition, ils ont face à celui-ci une attitude manichéenne, où il y aurait d’un côté les vilains racistes méchants pas-beaux, comme ces gens du FN (Bouuuh!) et de l’autre, les gentils gens tous antiracistes qui voient pas les couleurs et qui ont des amis noirs d’abord (ou qui sont eux-même noirs!). Et quand vous dites à quelqu’un qu’il est raciste, voilà ce qu’il comprend : “Quoi!? Tu veux dire que je suis comme ces vilains gens du FN pas gentils, pas beaux???”

Ceci est un problème, et fait tourner toute la conversation autour d’un problème d’ego (le votre, d’égo). Quand on vous dit que…

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Réfléxion 2: “Les noirs sont toujours des dominés”

“L’histoire des Noirs n’a pas commencé avec l’esclavage”

Si hier soir, tu étais devant le reportage de Capital sur l’Ethiopie et les rythmes de production de certaines entreprises managées par des Chinois, si devant cette émission, tu t’es retrouvé à penser “Les noirs ont toujours été des dominés”. Ou si simplement, tu as déjà et/ou penses toujours de cette manière: Félicitations, tu as intégré le racisme ambiant !  

L’autre fois, je te parlais déjà de cette nouvelle tendance du “raciste mais pas trop”. Mais c’était sans compter le racisme que tu portes en toi. Oui, tu sais, cette petite part qui te fait sortir des phrases toutes faites telles que : “Les noirs sont toujours des dominés”.

D’où ça vient ? Instinctivement, tu es tenté de te justifier, de pointer du doigt tes cours d’histoire, de dire qu’il n’y a qu’à voir ce qu’on dit à la télé, en cours d’histoire ou ailleurs. Tu vas me parler des bébés africains avec le ventre gonflé qui meurent de faim, et de la famine. Tu vas me parler des guerres aussi. Tu vas me sortir ces images symptomatiques d’une Afrique de misère, parce que c’est ce que tu as toujours vu. C’est ce qu’on t’a appris. Tu oublieras soigneusement le règne des Egyptiens, car l’on t’a appris cette dissociation entre l’Afrique noire et l’Afrique du Nord et tu te perdras dans cette masse informe de ces pays dont tu oublies le nom.

C’est cette masse, ce bloc massif qui fait d’un reportage sur une usine en Ethiopie, accoucher d’un généralisant et rabaissant “Les noirs sont toujours des dominés“. Ah tiens, les Noirs sont forcément des Ethiopiens ? Il existe un pays appelé la Noirie ? Je ne savais pas. La vérité, c’est que ce racisme intégré est, bien qu’institutionnalisé, le résultat de ta méconnaissance. En Afrique, ce continent aux nations diverses, en 2013, des projets émergent: que ce soit dans la mode, les technologies, l’écologie…Etc.

C’est la faute aux autres, à la société aussi.  C’est pas faux. Mais c’est aussi la tienne.

Je ne suis pas plus intelligente, j’ai découvert tardivement qu’il y avait autre chose. Qu’il y a eu des Empires, des rois et reines. Que durant l’esclavage, la colonisation, il y a eu des résistances, des luttes, des victoires comme des défaites. Tu savais qu’il y avait eu des romanciers esclaves, bien avant le film 12 years a slave ? Que De Gaulle s’était réfugié à Brazzaville pendant la Seconde Guerre Mondiale ? Moi pas, alors j’ai fouillé, j’ai lu sur le net çà et là. J’ai parlé à des gens et j’ai posé des questions. Ce dont tu te rends compte, c’est que ces mêmes personnes qui te font ce portrait de l’Afrique ne savent pas plus que toi.

Ne pas savoir est une chose. Mais savoir qu’on ne sait pas et perpétuer cette ignorance, c’est cautionner et véhiculer encore ces portraits. Si tu fais le choix de ne pas réfléchir parce que l’Afrique ne t’intéresse pas, de quel droit juges-tu  alorsce qui s’y passe ? De quel droit nies-tu simplement son évolution ?

C’est qu’un tweet. Qu’une opinion. Mais penser que nos opinions sont des productions individuelles, indépendantes de tout ce que nous avons appris, de tout ce que nous voyons, entendons autour de nous; est faux. C’est se donner trop d’importance alors que nous ne faisons qu’articuler des généralités du fait d’un discours général ambiant. Notre parole reprend une narration dominant nos individualités. En d’autres termes : ces généralités toutes faites qu’on dégobille comme si elles étaient le produit de nos réflexions les plus intenses, sont simplement les résidus d’opinions plus grandes que nous. 

On t’a appris que la pluie gelée était désignée par le mot neige. Mais il y a un peuple qui utilise neuf termes pour désigner ce que tu vois, parce qu’ils ont appris à distinguer neuf états de cette neige. Qui a raison ? Tu n’es pas mieux qu’eux, ils ne le sont pas mieux que toi. Alors comment on fait ?

La question n’est pas de déclarer la véracité de ce qu’on ne connaît pas, mais de questionner la véracité de ce que l’on connaît déjà.

Les pays africains ont une histoire avant l’esclavage, et ils en ont une encore aujourd’hui. En 2013, il y a des hommes et des femmes qui changent leurs pays. Mais toi, tu balayes tout ça, leurs histoires, leurs combats et leurs identités parce que ce ne sont que “des noirs qui ont toujours été des dominés“. Non, ce que tu sais faire, c’est regarder la télévision en tweetant sur ton portable; parce que c’est plus facile, plus rassurant, de regarder ce qui passe à la télé.

Intersectionnalité : Black x Asian movement

Je me soucie souvent d’entretenir un esprit intersectionnel dans les sujets qui m’intéressent. Autant, il est facile d’identifier des mouvements externes à ceux qui nous concernent (mouvement lgbtq; body-positivity, etc). Autant, quand il s’agit de courants internes au racisme, par exemple, on songe à l’islamophobie, l’antisémitisme, puis ça se complique quand on cherche à s’intéresser à leur corrélation ( “ça se complique” se traduit souvent la flemme de tout lire et de croiser toutes les sources) . Et dans ce même groupe, il y a des invisibles.

Depuis longtemps déjà, je me suis interrogée sur les minorités asiatiques en France: “que l’on ne voit pas, que l’on n’entend pas” est le moto qui les vise quand on parle d’anti-racisme. A l’issue de HT sur l’exotisation des femmes non-blanches anglophones sur Twitter, il était intéressant d’entendre les femmes issues de ces minorités sur les questions du métissage, de l’exotisme, des clichés racistes, du sexisme…etc. Je parle bien en terme de visibilité, les réseaux sociaux ont eu cet avantage de me montrer ces communautés au sein de l’anti-racisme.

Ce qui me fascina davantage, c’est l’entraide entre certains militants noirs et asiatiques, conscients de leurs enjeux communs.

Pour aller plus loin, voilà quelques lectures que j’ai effectué pour l’instant (cet article est sujet à être modifié 😉 ):

Yuri Kochiyama: http://www.cases-rebelles.org/yuri-kochiyama/

Guy Kurose: http://www.cases-rebelles.org/guy-kurose/

Why did I cry for Fruitvale Station ?

In France, some critics said this movie was horribly binary and manicheist because of the form of the movie, which depicts the daily life of Oscar. They simply don’t understand that it is not about being truthful, or being objective. This is not a thesis. This is about race, this ugly truth about discriminations.

This movie depicts a man who thought he would spend a good night for New Year Eve with his friend, a mother who said to his son to take the train for being safe.All the possibilities of a better life : this is about a man who thought he would wake up the next day. But he did not. Because he got shot for being black. Not for being at the wrong place, at the wrong moment, nor being violent. I watched the video you can see on youtube, and this decided gesture of the cop shooting him is desperately truthful.

I don’t live in USA, but I cried because it could have been my brothers/cousins/boyfriend/friends instead of Oscar. I cried also because there are too many cases like this – do I have to mention Trayvon ?

Sometimes people ask me “how come you feel close to afro-american community ?”I guess it’s reassuring for them to think what we live in Europe is not the same, that they are “not as bad as americans” or what else… I guess it’s easy to deny race issues by putting it far away from Europe.

Yet, the fact is the reason I cry for is the same reason I feel the pain they have: because we have the same color.

Oppressions dans la rue : comment en parler?

A venir, un article sur les intentions de notre HT #safedanslarue, en attendant vous pouvez lire ce témoignage de MsDreydful 🙂

Ms. DreydFul

Je décide de revenir ici sur les problématiques d’harcèlement de rue, notamment via le traitement du tag #safedanslarue, lançé par @mrsxroots et @The_Economiss sur twitter, pour témoigner de comment la peur instillée aux femmes leur fait recourir à divers stratagèmes, pour se sentir plus en sécurité dans la rue. Ce tag a été lançé en réaction d’une série de conseils proposée par @valerieCG, que les hommes pourraient adopter pour aider les femmes à se sentir plus en sécurité dans la rue, notamment celui ci-dessous.

Je ne reprendrais pas toute l’affaire ici, vous l’avez sûrement suivi comme moi. Vous savez que les médias ont traité le sujet de la pire manière qui soit, et que…

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Bookfair, publishing, and new category [Eng]

Hey there !

Those last days were crazy, so I take this time for giving you some news. I don’t know necessarily where to start, so let’s make a list:

  • Editorial blog : It turned out my blog became more and more involved in some specific topics, and sometimes I am wondering if there is still a place here for my personnal daily posts. It gets more professional but I still feel this blog will remain mine if I am able to keep this kind of post available. However, I see my blog more as an editorial project than ever ! There is now an e-mail adress if you want to contact me, and I updated the “About” page, so check this out 😉
  • National Bookfair of Paris: every year, I dream to go to the National Bookfair of Paris, THE place to be for those who want to meet their favorite authors, publishers, assisting to conference, getting autographs, discovering new books etc. I already went to the Bookfair of Brive, but this year will continue as good as it started : I will be at the National Bookfair of Paris with the greatest bookshop’s team of France and the publisher of Toni Morrison’s books in french, Editions 10-18.  It’s so crazy, and I just can’t wait to be there.


    All started with Twitter, and now I will have my pass as an intern at this great event. One day, I will probably write an article about tips I find out, by and by. But let’s see how it goes first. I am superstitious, you know that.

  • Roots&Inspiration, new category ! I planned it for a long, long, long time.  I came up with a new bilingual project , “Roots&Inspiration” which will point out artistic and inspirational project of ethnic communities (so, not only afro, of course!) : through portraits of interesting and inspirationnal profiles, I hope to underline the diversity of creation and its several origins. Art, entrepreneurship, music, website…everything !So if you want to let me know your project, send me a mail to mrsroots.blog[at]gmail.com. If you feel that ethnic culture, origins and creation are part of your work, or if you have questions about it, ask me ! 🙂
  • Google’s innovation : I couldn’t end this post without talking about this new innovation. Google is seriously freaking me out: it literally realized an e-book, as a substitute to paper book, taking into consideration the important of the use (manner to hold a book, sliding pages).
    Innovation is in this way to insert in people’s habits: like Facebook which became a part of our lifestyle, our habits concerning books are corresponding to a way of use. In France, and mainly in Europe, resistance to reader and tablet were sometimes justified by that, so Google’s e-book gets closer to our habits. Very interesting.

livre numerique : comment tourner les pages from zaouaikarim on Vimeo.