Atelier :”Repenser la narration : les femmes noires prennent la parole”

Évidemment, il y avait dunBey dans la conversation.

Ces deux derniers jours, j’ai animé un atelier dans le cadre de l’Université populaire organisée par Assiégées. J’avais déjà eu l’occasion de discuter avec des gens, ou même d’en rencontrer lors de cafés littéraires que j’avais organisé, mais l’atelier était une première ! Au milieu d’une vingtaine de femmes noires, entre 20 et 30 ans, nous avons échangé, débattu et réfléchi à la réappropriation de notre narration.

Concrètement ça veut dire quoi ? Eh bien à l’aide de supports et d’articles, mais aussi des expériences des participantes, nous avons d’abord analysé les rouages de l’imaginaire collectif, en voyant comment le capitalisme, le coloris me et l’occidentalisation configurent nos”modèles”, souvent des femmes noires influentes ou au contenu influent répondant à des codes. C’était très intéressant de distinguer l’importance de la représentation et les capitaux que celle-ci engendre et dont les principales concernées ne sont pas bénéficiaires (voir la polémique autour d’Empire et de directeur raciste de la chaîne).

Ensuite, je les ai questionnées sur la légitimité de notre revendication “pour nous et par nous”, et j’ai été frappée par cette colère et fatigue commune que l’on’partage en france, à devoir se justifier, s’excuser, et s’isoler. La non-mixité de l’atelier a vraiment été salvatrice, dans le sens où nous acceptons nos points communs comme nos divergences dans la restitution des femmes noires.

Enfin, la troisième partie était la plus intéressante. Co-anime avec la blogueuse Many, nous avons abordé l’importance du réseau que nous formons en tant que femmes noires, et de l’application de nos compétences pour construire des projets. Je ne compte même plus le nombre de projets cools et divers qui ont été énoncés ! J’étais vraiment heureuse de voir cette réserve d’idées. Il y en a d’ailleurs que nous espérons mettre en pratique – dès que j’aurais retrouvé un ordi potable, tchip.  La dimension d’empowerment était essentielle à cet atelier pour moi, je voulais qu’elles repartent en sachant qu’elles sont dans leur droit, qu’elles sont légitimes et qu’elles peuvent créer, à leur échelle, des outils pour se réapproprier leur narration.

Chaque séance s’est terminée sur le parvis de la BNF, parfois jusqu’à 2h du matin si je ne me trompe pas lol, tant nous avions à dire, à échanger, de manière franche, sans gêne et sans filtre. (Mention speciale quand la secrétaire blanche a entendu une des participantes parler de privilège blanc 😂).

Ce que je retiens également de cet atelier, c’est qu’il gagnerait aà se décentrer. Des femmes se sont déplacées de loin pour cet atelier, et le thème de l’isolement est revenu souvent, surtout pour celles qui comme moi viennent de province. Je compte donc réitérer l’expérience hors de Paris et hors de l’Université populaire, et je vous invite à balancer vos commentaires pour me dire où devrait être ma prochaine destination ;).

D’un point de vue personnel, ça m’a énormément touché de voir que mon blog avait touché certaines des participantes dans leur parcours, et la manière dont elles voulaient “susciter la même chose” à leur tour – (et par la même occasion, j’apprends que des professeurs étudient mes textes dans leurs cours… Mmh faudra qu’on m’explique comment ça se passe, ça m’intéresse !). Bref, ça m’a rappelé pourquoi et pour qui j’écris, et surtout le but de ce blog : laisser une trace pour des filles comme moi.

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Care et femmes noires #1 : Les ombres de Malcolm X

ellacollins

Ella Little Collins (demi-soeur de Malcolm X)

Cela fait un moment que je réfléchis à cette série d’articles, et ses composantes. Beaucoup d’articles du côté US traitent du “self care” des femmes noires, permettant à chaque femme noire conscientisée de se ressourcer et d’élaborer des stratégies de résistances dans la société. Se préserver, prendre soin de soi face à l’intersection de plusieurs violences, développer un système de soutien entre ses semblables, le rendre accessible pour éviter l’isolement et le repli… Je n’ai pas trouvé beaucoup d’éléments de ce genre du côté francophone, voire français.

Le hasard a fait que, ayant vu passer çà et là des productions de femmes noires ou des traductions d’ouvrages, j’ai eu envie de faire une série sur le sujet. Parler des conséquences psychiques du racisme et du sexisme sur les femmes noires est encore tabou. Ce sont parfois des considérations que nous avons appris à ne pas relever, étant donné que les femmes noires sont éternellement ramenées au cliché type : on est “agressive, dure, vulgaire, laide”, mais en aucun cas, on ne peut être fragile, ou même parler de dépression.

Qu’il s’agisse de ma propre expérience face au corps médical, ou encore de l'”incroyable force” que l’on nous attribue quand l’on reçoit des insultes misogynes et racistes parce que nous nous exprimons, la manière dont ces attaques ont été minimisées, non pas par leurs auteurs, mais par d’autres qui aiment se penser antiracistes en se couchant le soir, bref, quelque soit la raison que vous choisirez parmi tout cela,  c’est un sujet difficile à mettre sur la table pour moi.

Néanmoins, la force et le soutien infaillibles me sont venus de ces mêmes femmes noires, tout aussi fatiguées que moi parfois. Lors d’un pique-nique dans un parc, lors d’une conversation, à travers un article où elles se sont exprimées, toutes ont contribué à leur façon à ce que je me sente mieux. J’ai lu, écouté, puis lu encore.

Alors, il faut bien l’écrire. Voici donc une série de posts intitulée Care et femmes noires, où je m’appuierai sur des travaux et des supports divers. Promis, vu qu’il s’agit de parler de care, l’ambiance ne sera pas aussi pesante dans les prochains articles !

#1 Les Ombres de Malcolm X

TW: validisme, misogynoir, démembrement

Dans ma lecture progressive de Malcolm X, une vie de réinventions de Manning Marable, deux figures m’ont inspiré ce premier post sur le Care. Ella Collins, demi-soeur de Malcolm, et sa mère, Louise Little. Ce qui transparaît dans ce que décrit cette biographie sont les conditions qui vont les précipiter dans un état psychique fragilisé.

Un premier exemple est sans doute la facilité avec laquelle certaines femmes noires étaient internées :

Deux décennies après ces événements [plusieurs incarcérations], elle est admise à l’hôpital psychiatrique central du Massachussetts à la suite d’une inculpation pour port d’arme dangereuse. […] Bien que [le directeur du centre psychiatrique] rapporte qu’elle fut “une patiente modèle, tout à fait raisonnable, faisant preveu de finesse d’esprit, d’intelligence et de charme” il note aussi qu’Ella avait un “caractère paranoïaque et qu’en raison du caractère militant de sa personnalité[…] on pouvait la considérer comme dangereuse“. (P.70)

A l’instar de Malcolm, Ella a été sensibilisée au mouvement de Marcus Garvey, prônant un retour en Afrique et une fierté noire. Elle est une des personnes qui va inspirer Malcolm et, au cours de sa vie, elle contribuera de près ou de loin à l’activisme de ce dernier, même quand il décidera de quitter la Nation de l’Islam pour créer son propre mouvement, Organization of African American Unity; et dont elle deviendra présidente après son assassinat.

Je n’ai pas trouvé plus d’informations sur la vie d’Ella Collins durant son internement, mais il me semblait important de citer les raisons énoncées par le corps médical dans son dossier. En somme, on peut d’ores et déjà voir comment les institutions ont pleinement participé à une politique ségrégationniste, en estimant dangereuse cette femme activiste. Pas sûre que les membres du KKK aient eu droit au même traitement *boit son thé*.

Mais le plus triste exemple est sans doute celui de Louise Little. Après l’assassinat raciste et immonde du père de Malcolm X – ce dernier a été battu et jeté sous un tramway -, Louise Little se retrouve seule avec ses sept enfants. Si l’administration de l’époque accorde une aide très minime à la mère de famille, cette aide se solde par un contrôle constant du quotidien de la famille par l’administration.  Louise va multiplier les petits jobs pour subvenir aux besoins de ses enfants, en quête d’une autonomie qu’elle ne trouvera jamais.

Harcelée et humiliée à plusieurs reprises par le voisinage blanc et par l’assistante sociale, et abandonnée enceinte de son huitième enfant par l’homme qu’elle fréquente après son mari défunt, Louise s’effondre physiquement et mentalement :

“Quelques jours avant Noël, des policiers la trouvent errante pieds nus le long d’une route enneigée, portant son dernier enfant sur la poitrine. Elle semble traumatisée et ne sait pas où elle se trouve.”

A la suite de cet incident, elle sera internée pendant 24 ans.

Louise et Earl Little, parents de Malcolm

Si j’ai choisi ces deux femmes dans l’histoire de Malcolm X, c’est parce qu’il me semble important que, dans la conception de care, il y ait une reconnaissance des douleurs et des fragilités subies par les femmes noires, qu’il s’agisse d’un point de vue psychologique ou matériel. Que ce soit par les normes ségrégationnistes ou patriacarles, l’autonomie des femmes noires et leur survie étaient extrêmement difficiles, et les condamnaient souvent à la solitude et à la précarité. La mythologie de l’antiracisme a contribué à minimiser l’impact de l’activisme sur les femmes noires ayant choisi de s’y consacrer et, le plus souvent, a participé à leur effacement dans l’Histoire.

Ainsi peut-on voir Rosa Parks comme la femme du bus, aux dépends de sa carrière et de son implication et ce n’est malheureusement qu’un exemple parmi tant d’autres.

Malcolm, lui-même, a nourri une pensée misogyne en estimant les femmes faibles et fragiles après l’internement de sa mère, et opposait Ella à celle-ci, qu’il estimait plus”forte”(ouais, il était pas parfait, et il n’était pas  le seul). Cette hiérarchisation misogyne repose notamment sur des critères virilistes, comme l’expliquait Mirion Malle dans sa BD : par son franc parler et ses activités douteuses (cambriolages, vols, combines) habituellement attribuées aux hommes, Ella méritait donc d’être valorisée pour n’avoir pas sombré et, surtout, pour avoir poursuivi ses ambitions, à l’inverse de Louise Little.

Donc, résumons : si la misogynoir se faisait déjà remarquer au sein des institutions, le validisme institutionnel était une oppression supplémentaire, obstacle supplémentaire à l’autonomie des femmes noires. Et si l’on remonte encore plus loin dans l’Histoire, rappelons déjà qu’en Europe, les femmes noires n’étaient pas considérées comme des “patientes” a priori, mais plus comme des animaux curieux à analyser et à disséquer, comme l’a tristement illustré le sort de Saartjie Baartman, connue sous le nom de Vénus Hottentote.

“Le 1er avril 1815, le rapport du chevalier Geoffroy Saint-Hilaire compare son visage à « un commencement de museau encore plus considérable que celui de l’orang-outang », et « la prodigieuse taille de ses fesses » avec celle des femelles des singes maimon et mandrill à l’occasion de leur menstruation.”

Extrait du film Vénus Noire

Et pour ceux du fond qui douteraient encore du caractère misogynoiriste derrière le traitement de Saartjie Baartman, on notera la manière dont les scientifiques faisaient une fixette sur des parties précises de son physique et l’animalisation qui allait avec :

“Exhibée, exploitée et humiliée en Angleterre puis en France pour les particularités de son corps, des fesses impressionnantes et les petites lèvres du sexe étirées, Saartjie Baartman fut disséquée et étudiée en 1816 par Cuvier. Puis le moulage de son corps et son squelette furent exposés au musée de l’Homme. Et certains organes conservés dans des bocaux.”source

“Après avoir exécuté un moulage de la dépouille mortelle, son corps est disséqué illégalement6 en public dans le laboratoire d’anatomie du Muséum par Georges Cuvier, zoologiste et chirurgien de Napoléon Bonaparte (mais qui voilà ?), qui prélève son squelette, son cerveau et tous les organes génitaux qu’il conserve dans des bocaux de formol. Cuvier recherche « un sexe de crapaux »7 dans les organes génitaux de la femme sud–africaine c’est-à-dire un sexe rembourré”. source

Que conclure ?

Bref, historiquement, il a fallu du temps pour que les femmes noires soient considérées sur bien des plans, mais surtout pour que les conséquences des oppressions sur leur état psychique soient reconnues. Et, malheureusement, on ne peut pas dire que ça ait beaucoup changé. Ô joie.

Pour l’heure, cette série de posts ne tend pas à insuffler un peu de décence à ceux qui minimisent cet état de faits, mais s’inscrit davantage dans une démarche de bienveillance : nous tendons à reproduire, nous femmes noires, ce même type de minimisation qui nous est inculqué et qui nous environne au quotidien. Je ne parle pas simplement du mot “victimisaton” jeté à tout va, mais bien de ce manque de considération pour soi, cet état de nous-même qui n’est ni aggressif, ni en colère, ni dur comme le demande le cliché de l’Angry Black Woman.

La reconnaissance ne doit pas attendre l’approbation des autres, mais bien être le fait des femmes noires. Et je sais à quel point il est difficile de s’autoriser à parler de la dépression ou encore à demander de l’aide, car nous héritons de stigmates tels que nous ne pensons pas y avoir droit ou, pire, que ces derniers font de nous des êtres plus faibles. Sauf que, qu’on se le dise, la “dignité de la femme noire” ne vaut pas grand chose quand elle se solde par le mal être.

Heureusement, des moyens ou stratégie de résistance sont de plus en plus développés, outre-atlantique… et en France ! Avec une thèse comparative sur les travaux littéraires d’auteurEs noirEs francophones et anglophones, l’auteure dont je vous parlerai la prochaine fois à étudier les stratégies de résistances.

Et je peux déjà vous le dire : il y aura du Toni Morrison, dedans.

A suivre.

“Aller de l’avant”: une toxicité, à l’épreuve de la temporalité

Les récentes discussions sur Twitter tournaient autour de la toxicité dans le(s) milieu(x) militant(s), discussions que j’ai regardé de loin, perplexe. Puis, par hasard, j’ai vu, puis lu d’autres articles ou réflexions sur le sujet, et j’ai finalement réussi à … Continue reading

News : Le blog a maintenant sa newsletter !

Certains ont déjà découvert la Newsletter d’Avril, mais je ne l’avais pas annoncé en bon et du forme. Le blog a sa newsletter. Découvrez-là celle d’Avril exceptionnellement ici !

Cette newsletter sera chaque fin de mois un mini-sommaire sur un thème, regroupant plusieurs articles du blog, avec quelques extras ( articles en exclusivité, petites anecdotes, et teasers sur les choses à venir sur le blog… Yep, on est comme ça, nous,héhé).

Pour vous inscrire, cliquez sur le lien, puis sur le bouton “Subscribe”, en haut à gauche 😉

Ces 5 livres que devraient connaître les femmes noires… (1)

Il y a quelques jours, une de mes abonnées m’a demandé : “quels seraient les livres que tu recommanderais pour les femmes noires ?”. Si la diversité de nos identités n’est plus à démontrer, nous restons souvent soumises aux mêmes agressions racistes, sexistes, et de la misogynoir : ces conditions réunies amènent souvent au dénigrement des femmes noires, et à leur exclusion. Parce qu’il me semble important qu’on cesse de prendre la dénonciation de ce que les femmes noires peuvent subir comme de la victimisation, j’énoncerais certes des lectures qui les célèbrent, mais aussi des lectures qui me semblent importantes pour mettre un mot sur les oppressions qu’elles subissent.

S’il est facile d’accuser les femmes noires d’être “des victimes”quand elles ne répondent pas à cette injonction latente où la femme noire doit être forte, digne, même dans sa souffrance, – de la femme antillaise poto mitan à la femme africaine – on oublie qu’elles ont toujours su construire, évoluer, et créer par la suite. Et j’aime penser que ce blog a commencé de cette façon : celle où je me suis retrouvée à me demander ce que j’étais dans un pays qui demande des comptes sur mon identité, pour aujourd’hui avancer et avoir de grandes opportunités, de belles rencontres et des ambitions.

Cette première liste, très personnelle et forcément incomplète, est un moyen pour moi de donner un peu de ce que j’ai ressenti quand j’ai lu Tar Baby de Toni Morrison, cette impression réconfortante que l’on existe quelque part. Enjoy

Women, class and race – Angela Davis

Type: essai

Douloureux à lire, mais tellement essentiel ! Pas besoin de se dire engagée pour lire cet essai fondateur sur la place des femmes noires dans une société patriarcale et raciste. De l’esclavage à son temps, Angela délie les intersections complexes entre les différentes oppressions qui conditionnent la place des femmes noires, les instrumentalisations auxquelles elles sont soumises, etc. C’est un livre vaste, je ne l’ai pas lu d’une traite, car il est difficile à digérer, tant les exemples sont précis et parfois décrits de telle manière qu’il est difficile de prendre du recul.

Pour qui ?

Pour celles qui souhaitent consolider ce qu’elles savent déjà sur les mouvements politiques des femmes noires, et voudraient un apport théorique, toujours concret aujourd’hui. (Je le conseille pour un public plus averti).

 

Blues pour Elise

Type : Roman – La critique du blog : ici.

Le premier – et seul ? – roman afropéen à ma connaissance qui réponde à une littérature afropéenne. Depuis, Léonora Miano a dirigé plusieurs recueils de nouvelles, mais, à mes yeux, Blues pour Elise est l’un des seuls romans afropéens qui puisse se réclamer de ce mot. Qu’il s’agisse des femmes antillaises, des femmes d’origines africaines ou africaines natives, elles explorent les différentes essences qui nous relient : le cheveu, la sexualité, le rapport aux personnes blanches, l’effet “Obama”en France, etc. Et pour tout vous dire, c’est le seul livre que je me suis retrouvée à lire à voix haute pour les femmes de ma famille…

Pour qui ? Pour celles qui ont toujours souhaité une sorte de Sex and the city un peu plus profond et à leur image, qui leur rappelle leur entourage et leurs identités en plein creuset de ce “Mon père est né là-bas, ma mère est née là-bas, moi, je suis née ici“.

 

Une si longue lettre – Mariama Bâ

Type : roman – La critique du blog

Ce doit être le roman le plus juste sur cette manière de décrire la place des femmes africaines sans être dans la caricature ou le flou. La justesse, et cette manière également de comprendre un peu plus la place de ces femmes dans d’autres cultures (ici, la culture sénégalaise). Mariama Bâ apporte un autre regard qui remet à sa place nos égos de femmes noires occidentales qui, parfois, peinent à comprendre nos soeurs d’un autre continent, ou encore nos aînées dans nos propres familles.

Pour qui ? Pour celles qui s’encombrent encore de préjugés sur la diversité des femmes africaines, l’absence de féminisme en Afrique, ou simplement qui voudraient connaître plus sur le poids des traditions chez certaines de nos aînées.

 

 

L’oeil le plus bleu – Toni Morrison

Type: roman – La critique du blog

Peu de livres saisissent l’enfance d’une petite fille noire, mais si seulement ce n’était que ça… Dans un jeu de miroirs, on suit l’héroïne qui aimerait “avoir les yeux bleus” pour être jolie, et heureuse, car tout semble sourire à ceux et celles qui en ont. C’était à travers une histoire tragique que Toni Morrison explore dans son premier roman plusieurs facettes du racisme, du sexisme, du rapport à la mère et à la maternité, de la violence des hommes. Un des livres les plus marquants de tous ceux que j’ai lu, qui laissera sans aucun doute, une trace…

Pour qui ? Gros trigger warning :  âmes sensibles, s’abstenir. Toni Morrison a une écriture qui dérange, elle force à sortir d’un certain confort de lecture en allant dans les détails, les plus violents, les plus embarassants et les plus tristes.

 

 

Pluie et vent sur Télumée Miracle, de Simone Schwarz-Bart

Type : roman – Critique à venir

Ca fait plusieurs jours que j’ai fini ce livre, et je n’ai toujours pas les mots pour ce roman. A mes yeux, toutes les femmes antillaises (natives ou d’origine) doivent lire ce livre. On suit une génération de femmes d’une même famille, et tellement de choses nous semblent familières, comme les plats de chez soi, la chaleur, le makrelaj des voisines, les secrets de famille, le courage des femmes dites “poto mitan”… Simone Schwarz-Bart n’a écrit que deux livres dans sa vie, et nous devrions être heureuses qu’il y ait au moins celui-ci.

Pour qui ? Pour celles qui ne sont pas rebutées par une écriture très lyrique, un paysage bucolique d’une île post-esclavage comme on en décrit rarement. De quoi contrebalancer des lectures plus lourdes et graves que l’on connaît dans la Négritude…

 

“On se voit au Comptoir Général ?” Ou la consommation des femmes”racisées”

Tout a commencé quand une amie noire s’est entendue dire “bourgeoise” parce que nous parlions des produits fait-maison que nous faisions  pour nos cheveux afros. J’aurais très bien pu m’arrêter sur les raisons pour lesquelles ma pote et moi n’étions … Continue reading

[ENGLISH ARTICLE] Blackfeminism in France : what’s going on ?

It’s been a while since I wrote an english post, right ?

Even if I try to dedicate my blog to french readers, I am more and more concerned about keeping in touch with english-speaker fellows ! If you did not follow the last afrofeminist events taking place in Paris, here is a little recap :

– On February, “Ouvrir La voix”/”Speak up/Make your way” hosted the first black feminist conference ! After 30 years without any event and reunion, we’re back ! It was exciting and I was moved to be part of this event, meeting so many non-white women in the room speaking up. Amandine gay, conference’s president and director of the documentary “Speak up/make your way” presented diverse issues around being a black woman in France. This “we” around the table was meaningfull, because we shared so many different experiences (queer, islam, disability, classism, racism, sexism… ).

On March, my sisters were back in the streets thanks to Mwasi, a black feminist and panafrican association ! Lot of us neve felt represented in this feminist march, and for the first time, we felt there was a place for us, finally. I could’nt be there that day, but I was so full of joy to see all the pictures and all this solidarity. Even though this blackfeminist march was welcomed with racist slurs on social media (and elsewhere), nothing could fight or erase us !

Many things are coming, and it’s funny to see how many people want to insert themselves in our initiatives, so they can use us, lol. Tell’em it won’t work with Black Jesus, lmao. We are strong and visible and here.

I am touched everytime I received a tweet, a mail or private message from a black young woman telling me she’s happy. Happy to see us and what we are doing, happy from the little city where she lives.

assiégées

What’s next ? Well, the first and new intersectional magazine AssiégéEs will launch “Intersectionnalité, toi-même tu sais” (“Intersectionality, you know better”), two days in two countries (France and Belgium) with conferences, workshops and so much more ! I will participate to the one taking place in France, and maybe in Belgium too, but I can’t reveal the program for now… So stay tuned !

Les prochains évènements à venir, et le premier Q/A du blog !

QAbannière

Bonjour tout le monde !

Peu de temps pour lire, et  tellement de projets en route et à venir ! Voici un petit résumé bref des prochaines actualités :

  • Vendredi 27 Mars (ce vendredi donc) : Nasema consacre son émission au 8 mars et au cortège afroféministe sur Radio Libertaire. Vous pourrez suivre l’émission en direct et une brève interview avec Many Chroniques et moi !
  • Le 2 mai, second café littéraire du blog autour du  thème de l’engagement ! (complet). Je vous ferai un petit topo, pour celleux qui n’auront pas pu être là.
  • Le 14 Juin à Paris et 28 Juin à Bruxelles, les journées “Intersectionnalité toi-même tu sais” : tenez-vous bien, les journées ITMTC arrivent ! A cette occasion, je participerai à la journée sur Paris pour un projet secret – suivez leur page Facebook pour connaître leur programme, il sera révélé bientôt 😉 J’ai vraiment hâte de vous en parler. Je serai peut-être également à Bruxelles, à reconfirmer.
  • D’autres portraits de femmes afro sont à venir sur la chaîne Youtube ! La prochaine sera la rédaction du magazine Assiégées, le premier magazine non-mixte pour femmes racisé.e.s, queer et bien  d’autres choses !

Après plus d’un an d’existence, le blog répond à vos questions !

Dans la lignée de ces portraits présentés sur ma chaîne Youtube (Amandine Gay, Po Lomami…) et vu le nombre de questions que je retrouve à plusieurs, je vous propose une vidéo  Q/A où je répondrais à vos questions, 100% transparent – ou presque, hein – :

  • Sur Twitter : Posez votre question, suivie du HT #MRBlog
  • Sur le blog : Posez votre question dans les commentaires de cet article.
  • Sur Facebook : Posez votre question dans les commentaires du post.

C’est le moment, pour les plus timides, de poser leurs questions ! La date du Q/A sera annoncé une fois que j’aurais récolé vos questions 🙂

 

A bientôt !

[BookReview] Tant que je serai noire – Maya Angelou

Premier Maya Angelou de ma bibliothèque, et je dois dire que… je suis un peu déçue. Maya Angelou est l’une des poétesses afro-américaines les plus influentes, et avec cet essai sur une part de sa vie, je pensais vraiment vibrer … Continue reading