[ENGLISH ARTICLE] Blackfeminism in France : what’s going on ?

It’s been a while since I wrote an english post, right ?

Even if I try to dedicate my blog to french readers, I am more and more concerned about keeping in touch with english-speaker fellows ! If you did not follow the last afrofeminist events taking place in Paris, here is a little recap :

– On February, “Ouvrir La voix”/”Speak up/Make your way” hosted the first black feminist conference ! After 30 years without any event and reunion, we’re back ! It was exciting and I was moved to be part of this event, meeting so many non-white women in the room speaking up. Amandine gay, conference’s president and director of the documentary “Speak up/make your way” presented diverse issues around being a black woman in France. This “we” around the table was meaningfull, because we shared so many different experiences (queer, islam, disability, classism, racism, sexism… ).

On March, my sisters were back in the streets thanks to Mwasi, a black feminist and panafrican association ! Lot of us neve felt represented in this feminist march, and for the first time, we felt there was a place for us, finally. I could’nt be there that day, but I was so full of joy to see all the pictures and all this solidarity. Even though this blackfeminist march was welcomed with racist slurs on social media (and elsewhere), nothing could fight or erase us !

Many things are coming, and it’s funny to see how many people want to insert themselves in our initiatives, so they can use us, lol. Tell’em it won’t work with Black Jesus, lmao. We are strong and visible and here.

I am touched everytime I received a tweet, a mail or private message from a black young woman telling me she’s happy. Happy to see us and what we are doing, happy from the little city where she lives.

assiégées

What’s next ? Well, the first and new intersectional magazine AssiégéEs will launch “Intersectionnalité, toi-même tu sais” (“Intersectionality, you know better”), two days in two countries (France and Belgium) with conferences, workshops and so much more ! I will participate to the one taking place in France, and maybe in Belgium too, but I can’t reveal the program for now… So stay tuned !

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Les prochains évènements à venir, et le premier Q/A du blog !

QAbannière

Bonjour tout le monde !

Peu de temps pour lire, et  tellement de projets en route et à venir ! Voici un petit résumé bref des prochaines actualités :

  • Vendredi 27 Mars (ce vendredi donc) : Nasema consacre son émission au 8 mars et au cortège afroféministe sur Radio Libertaire. Vous pourrez suivre l’émission en direct et une brève interview avec Many Chroniques et moi !
  • Le 2 mai, second café littéraire du blog autour du  thème de l’engagement ! (complet). Je vous ferai un petit topo, pour celleux qui n’auront pas pu être là.
  • Le 14 Juin à Paris et 28 Juin à Bruxelles, les journées “Intersectionnalité toi-même tu sais” : tenez-vous bien, les journées ITMTC arrivent ! A cette occasion, je participerai à la journée sur Paris pour un projet secret – suivez leur page Facebook pour connaître leur programme, il sera révélé bientôt 😉 J’ai vraiment hâte de vous en parler. Je serai peut-être également à Bruxelles, à reconfirmer.
  • D’autres portraits de femmes afro sont à venir sur la chaîne Youtube ! La prochaine sera la rédaction du magazine Assiégées, le premier magazine non-mixte pour femmes racisé.e.s, queer et bien  d’autres choses !

Après plus d’un an d’existence, le blog répond à vos questions !

Dans la lignée de ces portraits présentés sur ma chaîne Youtube (Amandine Gay, Po Lomami…) et vu le nombre de questions que je retrouve à plusieurs, je vous propose une vidéo  Q/A où je répondrais à vos questions, 100% transparent – ou presque, hein – :

  • Sur Twitter : Posez votre question, suivie du HT #MRBlog
  • Sur le blog : Posez votre question dans les commentaires de cet article.
  • Sur Facebook : Posez votre question dans les commentaires du post.

C’est le moment, pour les plus timides, de poser leurs questions ! La date du Q/A sera annoncé une fois que j’aurais récolé vos questions 🙂

 

A bientôt !

Réflexion 7:”Tu ne vas pas dans le sens du vivre-ensemble”ou le baillon des minorités

Tout a commencé, comme d’habitude pour cette rubrique, avec une réflexion au détour d’une conversation qu’avait une amie. Jeune femme arabe, elle exprimait son enthousiasme vis à vis des initiatives mises en places par des communautés afros et arabes, dernièrement. Mais, toi-même tu sais, le seul communautarisme toléré étant celui de l’Assemblée nationale, mon amie n’a pas échappé à l’inévitable “vivre ensemble”. Mais si, tu sais, “le vivre ensemble”, cette expression que tu lis un peu partout dès qu’il s’agit de parler “des minorités visibles”et de la “diversité”, et”des gens de couleur” ? Non ? Bon, assieds-toi, et laisses-moi t’expliquer ce qu’est le “vivre ensemble”.

I. Le vivre-ensemble, une promesse…  jamais tenue.

Imagines une jolie boîte en métal, avec un très beau ruban et une image qui donne envie de manger les délicieux gâteaux et pâtes de fruits qu’elle contient. A priori, c’est une boîte pleine de promesses, qui assure un bon moment de dégustation avec ton entourage, bref, un petit moment de plaisir, de bonheur quoi. Sauf que, sous le couvercle et le ruban rouge, les gâteaux et les pâtes de fruit sont pourris, en décomposition depuis des années. Face à cette boîte, il y a deux types de personnes :

  • il y a ceux qui te promettent que les gâteaux sont bons puisqu’il faut croire en son emballage
  • il y a ceux qui savent que les gâteaux sont en décomposition et que ce qui est promu sur le couvercle n’est plus vrai – s’il l’a déjà été – depuis bien longtemps.

Le vivre-ensemble, c’est donc cette boîte pleine de promesse que l’on t’a exhibé depuis tout jeune, et pour laquelle on t’a promis que si tu t’intégrais bien, travaillais bien, que tu ne faisais pas trop remarqué, que tes origines restent exotiques mais pas trop visible quand même, que si tu rangeais ton boubou ou ton voile; bref, que si tu faisais en sorte d’être ce qu’on attendait de toi, les gâteaux, à l’image de notre société, seraient très bons. Sauf que toi, tu sais que les gâteaux sont pourris depuis longtemps. Alors, bien sûr, tu essaies de prévenir les autres, en leur expliquant que les gâteaux ne sont plus bons. Tu leur dis peut-être qu’on pourrait en faire d’autres, ensemble, où chacun n’aurait pas à se départir d’une part de son identité pour une seule et unique boîte en métal, atteignable avec tant de conditions. Des conditions qui concernent toujours les mêmes, les mêmes qu’on appelle à se conformer. Le vivre-ensemble, ce n’est donc pas un geste pour aller vers les autres, c’est une injonction où l’on demande aux autres marginalisé.e.s et discriminé.e.s de s’effacer pour rentrer dans un seul et unique moule : un moule sans Islam, sans mélanine trop élevée, sans patois ou langues trop étrangères… Parce que tu comprends, faut qu’on soit tous unis.

II. Le bâillon s’use

Tu lèves les yeux au ciel ou, au contraire, tu as un air de déjà-vu, c’est normal. Tu vois, comme on n’a pas envie de manger de gâteaux pourris, et que ça gêne les dominants d’en parler parce que la République… oups ! pardon, le couvercle de la boîte dit qu’on sera tous unis, forcément tu passes pour quelqu’un qui se fait remarquer, un.e ingrat.e, un voyou qui rejette la Fran-eu, la boîte. Et quand tu trouves des gens qui, comme toi, ne cherchent plus à avoir droit à la boîte à gâteaux mais préfèrent faire leur propre buffet, on voit cela d’un mauvais oeil. Maintenant que tu vois où je veux en venir, reprenons. Ma pote se réjouit donc que des femmes qui lui ressemblent se prennent en mains pour se faire entendre, et créer des alternatives à un moule oppressif; mais c’est-y pas qu’un homme blanc surgit et lui dit d’être déçu d’elle, parce qu’elle va à l’encontre du vivre-ensemble. Et c’est là que ça devient intéressant : concrètement, le vivre-ensemble, c’est quoi ? C’est un peu une photo de classe où il y aurait tout le monde, avec les dominants au centre parce que faut pas déconner quand même, souriant et les yeux brillants. Mais la photo ne t’apprend rien des violences subies entre ces personnes, elle fige juste un idéal social et politique où tout le monde pourrait s’abstenir de réfléchir à sa position dans sa société, et donc à ses privilèges. Donc, si toi, tu viens avec une photo de personnes racisé.e.s qui te ressemblent et qui, fatigué.e.s du rejet, de la xénophobie passive-agressive, de la LGBTQI-phobie, etc, se retrouvent enfin; qu’est-ce qui gêne ? Bah, notre ami n’est pas dans la photo. Autrement dit, l’égo est la principale motivation de certain.e.s à nous sortir le “vivre-ensemble”comme une sorte de bâillon, carte joker où il/elle se veut plus tolérant que toi, parce que tu ne l’inclus pas dans tes espaces. Trop longtemps, nos parents comme d’autres se sont vus entendre que s’ils étaient les bonnes minorités qu’on leur demande, ils auraient un avenir radieux comme leurs enfants aujourd’hui. Sauf qu’aujourd’hui, leurs enfants se voient l’objet de discriminations multiples et refusent le bâillon qu’on leur impose à leur tour. Je sais, on va dire encore que je caricature, qu’il y a des personnes qui croient réellement au “vivre-ensemble” et c’est tout à leur honneur. Seulement au lieu de brandir cela pour faire taire le premier racisé qui passe, il serait temps d’en faire une vraie réflexion politique et d’écouter les concerné.e.s : se vouloir dans la photo, ce n’est pas au nom du”vivre ensemble”, mais seulement au nom de son égo qui se sent exclu. On a cherché ce “vivre-ensemble”quand les communautés afro se faisaient insulter par la presse pour avoir refusé un zoo humain dans leur capital, on a cherché ce”vivre-ensemble” quand les féministes musulmanes et/ou voilées ont entendu “Solidarité ! Sauf avec les femmes voilées”; on l’a encore attendu ce”vivre-ensemble”quand le cortège des afro-féministes lors de ce 8 mars a eu droit à une veille négrophobe sur les réseaux sociaux. Bizarrement, à ce moment là, il n’y avait que nous sur la photo. Il n’y avait que nous qui étions ensemble. Le vivre-ensemble est donc un de ces énièmes moyens d’avoir la conscience tranquille quand on veut rester dans sa zone de confort et que, voyant que les communautés discriminées décident d’agir entre elles après avoir assez attendu, le font sans nous. On vous laisse la boîte de gâteaux. Alors, je ne vais pas dans le sens du vivre-ensemble, ou je ne vais pas dans TON sens ? Derrière le bâillon, peut-être qu’il n’est  pas trop tard pour nous écouter….

[BookReview] Tant que je serai noire – Maya Angelou

Premier Maya Angelou de ma bibliothèque, et je dois dire que… je suis un peu déçue. Maya Angelou est l’une des poétesses afro-américaines les plus influentes, et avec cet essai sur une part de sa vie, je pensais vraiment vibrer … Continue reading

Féminisme et lutte contre la misère

Cela fait longtemps que je n’avais pas lu un article aussi urgent que nécessaire:
“L’action la plus significative est de prendre au sérieux la voix des femmes qui sont victimes de la violence de la pauvreté et qui luttent malgré tout pour prendre la parole et développer leur pensée en autonomie et en résistance. Faire une pause dans mon féminisme et dans ma sociologie, c’était donc faire silence pour que le point de vue que ces femmes expriment remette en cause la rigidité de mes normes et de mes pratiques militantes et universitaires.”