Réflexion 5 (2):“Je préfère la vraie vie avec des vrais gens qui militent”, les limites.

Dans l’article précédent, je vous présentais un peu les réactions et les limites de ce bashing du cyberactivisme, d’un point de vue plus théorique.  Mais devant cet éternel scepticisme vis-a-vis du virtuel, je pense donc que ça pourrait intéresser certains de voir ce que ca donne IRL.

Avant cela, je voudrais m’arrêter sur un très bon commentaire posté sur l’article précédent de Brasiers et Cerisiers (pour lire son commentaire dans son intégralité, cliquez ici). J’ai choisi certains paragraphes que j’ai trouvé vraiment intéressant, et d’autres auxquels j’ai voulu répondre.

Il y a aussi une critique que l’on peut faire par rapport au militantime numérique, c’est que s’il permet de faire entendre la voix de groupes marginalisés/invisibilisés, il crée aussi ses propres inégalités : les personnes ayant des professions plus intellectuelles et plus de compétences (pour faire des jolies vidéos, des Gifs et des tumblr bien designés) auront plus d’influence. En gros, si on est devant un écran (à bosser dans les métiers de l’information et la connaissance : journaliste, com’, recherche, culture) la plupart du temps, on aura plus de facilités à faire du cyberactivisme efficace et régulièrement qu’unE manut’ qui checkera son smartphone 15 minutes le soir en attendant le bus. Ca ne veut pas dire que les ouvrierEs ne peuvent pas faire d’excellent blogs, tumblr, et avoir un twitter bien alimenté, mais globalement il y a une certaine (reproduction d’) inégalité en partie liée à la classe sociale (mais aussi d’autres facteurs de discrimination, bref, quand on est dominéE, on a une vie pas facile et donc ça se ressent y compris sur son usage d’internet). Mais clairement ça reste des leviers intéressant, notamment pour les gens qui ne peuvent pas trop faire autrement que de rester chez eux (handicap, timidité, peu de moyen de locomotion, besoin d’anonymat etc…)

 

Certainement. J’en parlais avec des militantes que j’ai rencontré via Twitter et il y a très sensiblement une question de classe dans le cyberactivisme qu’il faudrait développer (à bon entendeur :D) mais je pense que c’est plus complexe que de voir les compétences de certains cyberactivistes comme synonyme d’élitisme (critique que j’ai entendu parfois). Je pense que ces inégalités peuvent être effectivement nocives dès lors qu’elles servent une intersectionnalité marketing (de plus en plus visible sur les réseaux sociaux d’ailleurs), où là, effectivement ces compétences visent la promotion d’un individu ou d’un noyau exclusif de militants.

 

Une autre critique que je ferais c’est que le cyber-activisme à tendance à individualiser. Bien sûr, on peut faire des textes et du réseautage collectifs, de la veille, de l’analyse, de la cartographie etc… Mais bon c’est quand même énormément de comptes individuels qui interagissent, s’entraident ou se clashent. Dans chaque action militante (sur le net ou ailleurs), il y a une part de narcissisme. Elle peut être accessoire ou très présente. Le militantisme c’est pour beaucoup plus une question de survie et c’est pas vraiment un loisir. Mais il n’empêche, lorsqu’une personne ou une initiative est complimentée, lorsqu’un texte est critiqué positivement et massivement partagé, lorsqu’une manif est une réussite, ça renvoie une image positive à leurs auteurEs. Ca n’est pas forcément important (et après tout c’est pas grave), mais ça peut mieux se mesurer et s’encadrer “dans la vraie vie” que sur internet. Et comme les réseaux sociaux sont aussi des petits miroirs, lorsque ça se passe en ligne ça a tendance à s’exacerber. (…) Bref le cyber-activisme, c’est plus un truc en solo ou petit groupe (avec ses bons côtés), mais ça fait peut être un peu perdre les perspectives plus collectives ou alors les limite : signer une pétition (moui…), retweeter, partager, participer à un shitstorm contre un adversaire, liker…Avec le risque que ça n’aille pas plus loin.

J’entends le fait que le cyberactivisme soit une question de survie, et non un loisir, mais je trouve que cette binarité contribue à l’idée qu’il y a un bon militantisme un moins bon, un plus factice. Hors, en me prenant pour exemple, je sais que mon militantisme n’est pas une question de survie (en terme de logement, de survie au quotidien) mais qu’elle n’est pas une partie de plaisir dès que ton identité est politisée (par assimilation du système ou par contestation contre celui-ci). Du coup,oui, ce narcissisme est omniprésent, mais y apposer une valeur comme le font certains militants-harceleurs sur Twitter (par exemple, parler de “crise d’adolescence” quand on dénonce le racisme que l’on subit, où le jeunisme récurrent vis à vis de nouveaux militants). Ensuite, le cyberactivisme ne dépend pas, selon moi, de son format : quand tu dis des comptes individuels qui interagissent, s’entraident ou se clashent, je devine que tu fais référence à Facebook, mais pour moi le cyberactivisme englobe aussi un format virtuel qui peut dépasser ce narcissisme en faveur d’un collectif d’expériences marginalisées. C’est de ça qu’à découler notamment Au bout des lèvres, mais j’en parlerais dans la troisième et dernière partie x).

 

Enfin, je dirais : le cyber-activisme, oui mais avec quels outils ? Et là je rejoins complètement le texte de Lizzie. Déjà il y a pas mal de trucs développés pour un militantisme sans pub, plutôt sécurisé, gratuit, alors on devrait pas trop avoir recours aux plateformes payantes et flicantes. Mais d’un autre côté noblogs.org se fait moins bien référencer que Blogspot ou wordpress alors est-ce qu’on fait des compromis dans l’idée d’être potentiellement plus lu-e ? Idem, Facebook, twitter : grosses multinationales assez crados, mais en même temps est-ce qu’on veut s’adresser au plus grand nombre ? Mais en même temps en faisant ce choix de facilité est-ce qu’on ne participe pas à rendre ces outils toujours plus indispensables ?

 

C’est une réflexion très intéressante ! et qui rejoint une question plus large du militantisme, je pense. Devons-nous reprendre les mécanismes de la domination pour développer notre militantisme ou recourir à des formes alternatives ? Parce que c’est ça qui se passe avec WordPress par exemple. Mais je pense qu’après c’est un choix personnel, et que le fait de vouloir atteindre en masse est plus facile par ces canaux.

Merci en tout cas pour ce commentaire très éclairant !

 

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L’intersectionnalité : vers un idéal nocif ?

Voilà un moment que j’ai parlé avec différentes personnes sur Twitter, et le climat actuel est de plus en plus lourd. La faute à cette intersectionnalité qui, une fois de plus, est diluée dans un ensemble d’interactions et de mécanismes problématiques; mais surtout d’un idéal quasi nocif. En écrivant ce texte, je suis persuadée que certains y verront l’occasion de reprendre ces éléments pour critiquer l’intersectionnalité en faveur d’un militantisme MaLutteLaVraie qui favorise une hiérarchie entre les oppressions. Là n’est pas le but, et je pense que les personnes qui s’intéressent suffisamment et réellement à l’intersectionnalité reconnaîtront la nécessité de parler de ces problèmes, si l’on veut être un tant soit peu honnête entre nous. L’auto-critique n’est pas “divisive”, mais constructive.

De l’importance de la parole

L’un des premiers constats de plus en plus parlant au sein de cette intersectionnalité chaotique, est le relais de la parole totalement inégale selon les oppressions.

J’avais déjà noté cette différence à la création du HT #safedanslarue avec @the_Economiss qui, s’il parlait “à toutes les femmes”, avait considérablement éclipsé le HT #Vismaviedefemmeracisée, pourtant tout aussi relayé sur Twitter. C’est donc sans surprise que les événements touchant la transphobie, la biphobie, la prostitution et autres se voient être les sujets les moins relayés, si ce n’est pour réclamer un certain mérite comme l’a fait OLF avec l’entrée du mot “lesbophobie” dans le dictionnaire cette année.

L’intersectionnalité a beau être l’occasion de souligner ces oppressions, il subsiste une hiérarchie propre aux mouvements TM dans la mise en avant de celles-ci. Un fait divers relatif au harcèlement de rue sera volontiers plus relayé et partagé qu’un meurtre transphobe en France. En d’autres termes, malgré la reconnaissance et corrélation de ces intersections, nous entretenons des mécanismes hiérarchisants dans le traitement et la diffusion de ces paroles d’oppressé(e)s, alors que l’approche intersectionnelle d’origine tend à les dissoudre.

Beaucoup diront “on ne peut pas tout retransmettre/retweeter sur tous les sujets“, mais cela justifie-t-il la surabondance et primauté de sujets “généraux” alors que l’intersectionnalité tend à lutter pour les femmes et leurs spécificités ? N’est-ce pas le but de cesser un traitement universel que les médias font constamment pour le “particulier” ? Surtout que ce “particulier” l’est parce qu’on l’exclut des sujets “principaux”.

C’est ce qui est arrivé notamment avec l’affaire “Bring back our girls”. Tout le monde s’en est emparé comme le token d’une diversité des causes, défendues par les milieux militants et associatifs sans nécessairement avoir traité avec les acteurs et assos sur le terrain, les journalistes africains, etc. En témoignent l’article de la féministe Jumoke Balogun sur la situation politique au Nigéria et les conséquences du #HT ou du blogger Atane    sur l’expertise improvisée vis à vis du Nigéria. Il y a eu cet élan de solidarité pour les concernées, et non “avec” les concernées.

Ainsi avons-nous vu se reproduire l’éternelle prise de parole des Occidentaux, donnant lieu à une multitude de digressions : le débat sur les circuits de prostitutions certes, a son importance, mais ce serait de la mauvaise foi que d’ignorer les discordances actuelles entre certains mouvements et la récupération de ces jeunes filles dans bon nombres de propos, comme le traitement islamophobe de cette information, et la représentation misérabiliste du Nigéria; le tout contribuant finalement à une intersectionnalité marketing puisque ce qui demeure sur le devant de la scène sont la parole et les initiatives des militants de l’Occident. Par exemple, on n’oubliera pas cette magnifique récupération du HT par des féministes américaines qui s’en sont attribuées la paternité, rendant #BringBackOurGirls l’occasion d’une campagne promotionnelle.

Alors à quoi est dû cette dérive ? Si ces abus de parole se perpétuent, c’est bien à l’échelle individuelle.  On est, d’une manière ou d’une autre, conditionné par la visibilité récurrente de certains sujets et sommes tentés de les diffuser, plutôt que des articles éparses ou sujets dit “sensibles” ou “polémiques”. Ce qui est assez choquant est de voir que ces mêmes sujets dit tabous ont des concerné(e)s sur Twitter permettant de désamorcer cette idée qu’on ne doit pas parler de prostitution, de transphobie, etc. Twitter ne favorise pas cet imaginaire collectif aux sujets choisis, justement parce qu’il donne la possibilité à certain(e)s concerné(e)s de s’exprimer. Et pourtant, ces sujets mal aimés persistent. Nous sommes clairement les maillons de cette diffusion et nos partages ont une incidence dans l’entretien de cette hiérarchie au sein des mouvements d’anti-oppressions.

A négliger cette réalité, l’intersectionnalité devient une forme de militantisme délavé où l’intersection permet davantage de faire bonne figure, de donner bonne conscience, plutôt que de donner lieu à de réelles implications et à un réel réseau entre opprimés.

 

Un idéal nocif ?

Il me semble que l’échelle individuelle est sous-estimée alors que beaucoup de personnes en faveur de l’intersectionnalité reproduisent une certaine censure des minorités au nom d’un idéal “intersectionnel” –  et là, on assiste à un vrai glissement entre l’idée que l’intersectionnalité est une approche, et non un mouvement en soi. Je vous le donne en mille : on retombe dans le #MaLutteLaVraie, l’injonction à l’intersectionnalité, pour une face unique d’un féminisme inclusif, tout lisse….alors que qui dit inclusif, dit face multiple. A se demander si ces mêmes militant(e)s affichant “intersectionnel” dans leur bio savent l’origine et la notion même de l’intersectionnalité de Crenshaw…

L’exemple que l’on peut donner est cette facilité de ces personnes à se revêtir de la cape “intersectionnelle” sans même remettre en question les propos qu’ils ont tenus vis à vis d’autres victimes; ni même le silence devant certains bashing.  Oui, l’intersectionnalité est devenue le synonyme d’une absolution où sous prétexte qu’une personne a ouvert les yeux sur les corrélations entre les discriminations, elle doit être excusée. Et ses victimes, se taire.

Il n’est pas question de tenir un procès pour valider les partisans de l’intersectionnalité, mais cette absolution s’accompagne systématiquement d’un déni des paroles des victimes. Victimes muselées en faveur d’un discours intersectionnel que l’on veut “au-dessus de ces broutilles“, il semble que l’intersectionnalité dans le cadre du militantisme français se noie dans un intellectualisme exacerbé où de nouveaux rapports de dominants et dominés s’instaurent, à nouveau. Cachez les plaintes des victimes que l’on ne saurait voir ! 

Ainsi, l’indignation préférentielle est un poison au sein d’une intersectionnalité malade, et la valeur de la parole des oppressés se voit marchander. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai constaté que certain(e)s féministes valent d’être défendues plus que d’autres, visiblement, et comme par hasard, les profils de ces victimes délaissées sont celles des oppressées les plus marginalisées.

Face à cette dissolution problématique d’un concept pourtant nécessaire et très riche, il n’y a pas besoin d’être devin pour imaginer les scissions prochaines. Ce malaise est légitime compte tenu de cette tendance à laisser couler, à cacher ces problèmes derrière le mot “compliqué/complexe” pour éviter de s’y pencher réellement.

Je me suis interrogée sur les solutions potentielles à cela et à mon sens :

  • Il faut cesser de se déresponsabiliser face à la représentation d’un mouvement intersectionnel : on ne peut pas décemment se dire inclusif tout en négligeant l’impact de nos actes et propos en tant qu’individu. L’individu compte, et surtout à des conséquences sur l’individu d’à côté. Cessons de donner de la valeur à certaines paroles pour ensuite accuser les plus marginalisé(e)s de réclamer une primauté de la souffrance, quand ces derniers ont raison de se plaindre. Cessons de cautionner ce silence sordide et flagrant selon les victimes bashées de manière récurrente. En d’autres termes, cessons de prétendre tenir une conduite, quand celle-ci s’applique selon des tarifs de faveur.
  • Les blogs – participatifs ou personnels – sont l’occasion d’avoir une parole libre; ça reste pour moi le meilleur média où la parole des concerné(e)s est moins altérée ou parasitée. L’initiative de sites collectifs est également l’occasion d’entretenir une interaction et une corrélation entre concerné(e)s, mais aussi de créer un système de références qui ne soit pas régi nécessairement par des monopoles de la parole.

Il est temps de réaliser qu’il y a un problème.

Quelques liens pour aller plus loin :

L’intersectionnalité de Kimberlé Crenshaw, une définition pour s’y retrouver.

Nécessité de l’approche intersectionnelle et Une preuve de plus de l’impasse d’un certain féminisme actuel de MsDreydful

Regards sur l’intersectionnalité

Nos propres étendards de La Sale Garce : “il est grand temps que nous nous fabriquions nos propres places puisqu’on refuse encore et toujours de nous les faire, et que nous devenions nos propres étendards”.

Anti-homophobie et anti-racisme: la question de l’intersectionnalité, sur les conflits au croisement.

Week-end Paris-Lyon et Twitter meeting

Je devrais écrire mon mémoire, la page est déjà ouverte. Mais il fait beau alors je prends quelques minutes pour parler de ce week-end à Paris et Lyon. J’ai vagabondé çà et là. J’ai couru entre les métros pour la performance non-identifiée de Léonora Miano pour Just Follow Me Mag: grosse claque. mais aussi assisté aux Ecrans Mixtes avec une séance de débat assez décevante. Mais ce que je retiens particulièrement, c’est la rencontre de ces super personnes rencontrées via Twitter. Des conversations drôles et intéressantes, et parmi elle, une discussion sur la nécessité de créer du contenu francophone sans complexer face à un académisme qui demande des preuves.

L’exclusion et la discrimination sont et devraient être considérés comme des arguments valables pour qu’on refuse de faire la queue en attendant l’aval de “nos pairs” excluants pour certains. J’ai appris en quelques mois une quantité incroyable de choses juste en parlant avec ces personnes; et j’ai découvert à quel point la plupart des gens que je lis ou suis s’interrogeaient également sur la légitimité de leurs propos. Poser un visage, une voix et une attitude était quelque chose d’excitant et de rassurant: c’est un peu comme voir une substance virtuelle des relations via les réseaux prendre vie.

J’ai découvert que cela me manquait de ne pas échanger en vrai sur ces questions avec des personnes qui s’y interessent. Je ne peux pas avoir une conversation sans relever – silencieusement ou non – ces particules de discours xénophobes, homophobes, grossophobes et autres, alors retrouver des gens conscients de cette réalité, c’était un peu comme trouver un espace safe et souffler. Je n’avais pas à me mettre en veille.

Rencontrer d’autres partisans anti-oppressions, c’est être conscient de la proximité d’un réseau virtuel dans la vraie vie. @manyyyy que j’ai rencontré durant cette escapade m’expliquait qu’elle concevait Twitter uniquement comme une interface et qu’elle s’était étonnée de voir que le passage IRL n’était pas évident pour tout le monde. Pour moi, dans le cadre militant, j’ai la sensation que cette timidité nous perd un peu et nous distancie de la notion de mouvement.

Ce genre de week-end me fait penser qu’il n’y a pas nécessairement de besoin de meeting et ou de banderoles pour avoir des réunions et discussions : parler féminisme devant un bagel n’en est pas moins militant. En tout cas, je sais maintenant que je vais multiplier les expériences du genre en rencontrant çà et là ces gens que je lis depuis des mois.

Some News – Greatness is coming !

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Hey guys !

How are you doing ? I take some minutes to tell you some stuff about what’s going on in my life lately. Not that it will bring you something,  you can just skip this article if you want to, haha.  You are now 35 followers on this blog and 80 on Twitter, and for that, MERCI BEAUCOUP !

These last days marked my comfort feeling about this new city where I am living. My studies are great, I met some people IRL but also on Twitter. Yeah, lately, I had been very active on my twitter account (if you do not follow it, what are you waiting for ? You will practice some french ! hehe : @mrsxroots ), and I learnt a lot about Afrofeminism, racism, transphobia, islamophobia and so on.

If you know me, you know that I love to break all my potentiel prejudices and rest of ignorance by learning and travelling. Well, this is what I did for hours, reading articles, writing some and I hope you will like it, because being okay with ourself is dealing with this ugly background of our world.

I understand there is a time for opening your eyes on all these problems , and it seems it’s a part of adulthood somehow but it’s not enough to say “things need to change” and to wait for someone like Martin Luther King or this kind of big figure of history. It’s about us, and we have to do something. I don’t say we have to do a revolution, but just be aware and talk about all those problems; stopping to keep our illusions.

It’s not pessimistic to say “there is a problem in here”, it’s optimistic because it means you are strong enough for being aware of it. Doubting is good, being scared is natural but you have to overpass those states of mind if you want to change your environment. Because it begins with you ! 

It is easy ! Look at what I am reading, tweets and books. I saw a documentary about Coca cola and it made me feel good to see how my effort for eating healthy was a good way. Your changing will impact around you, and that’s how we have to stop to think that one person can’t change anything. You can change something if you talk around you, if you stop to be scared about people who are disagree. I had been scared to say what I thought and I hoped for someone to tell it for me. But no one will come for saying what you think, no one except you.

Hum… This was not the goal of this article but whatever, it gives you a reason to read it ! lol.

Greatness is coming 

In plus of all these news things I learnt, I am preparing my Copenhagen trip ! YAY ! Can’t wait to show you everything. And I just learnt I will participate to my first BOOK FAIR ! Participating, not attending. My CV is on fire haha.

When you want to work in a book field, people see you as a future homeless person but, by and by, I feel that every little victory I get is a snap in their face. I did not finish my studies so I can’t say what Lord is preparing for me, but until now I am just grateful and happy to do what I want. Not what my parents want, not what people want, but what me, myself and I want.

It’s a sane feeling, it’s exciting becaus you don’t clame you succeed, you just TRY. And people can’t take that from you, people can’t tell you if you will succeed or not, or if giving a try is vain. Because they don’t know what success means to you and maybe you don’t know yourself ! I don’t know when, or if, I will succeed. I just want to do like I do right now : step by step, trying and hoping for the best.

That’s all for now ! Can’t wait to tell you about my adventure ! Keep smiling and wish you the best for this week, month and year !