De Billie Holiday à Miguel Asturias… Premier café littéraire !

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Avec les aléas du quotidien, j’ai bien cru que ce café littéraire tomberait à l’eau ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on serait passé à côté d’un bon moment. Vous avez été quelques uns à me demander où/quand/pour qui se tenait ce café, et il est normal que peu de personnes n’aient eu d’informations pour cet événement car je voulais d’abord faire un premier essai. C’est donc en petit comité entre femmes “racisées” que nous avons tenté l’expérience, sans thème défini pour cette première rencontre où chacune a emmené le livre de son choix. Voici la liste des oeuvres qui ont été présentées :

  • Tar Baby – Toni Morrison

  • Plats d’existences – N. Bachet, F. Mourlon, E. Lasida

  • L’oeil le plus bleu – Toni Morrison

  • La carte d’identité – J.M Adiaffi

  • Noire, la couleur de ma peau blanche – Toi Derricotte

  • Lady sings the blue – Billie Holiday

  • Les Belles Ténébreuses – Maryse Condé

  • Monsieur le Président – Miguel Asturias

  • From a place of Blackness – Andile Mngxitama, Aryan Kagunot

A mon grand étonnement – j’avais peur qu’il y ait des silences -, chaque livre a donné place à des discussions très très riches !  Au point qu’il faille nous rappeler que nous n’avions pas fini de faire le tour de table et qu’il nous fallait voir tous les livres avant la fin du café. Il était intéressant de voir également les différentes perspectives, notamment pour L’oeil le plus bleu que j’avais lu et dont l’interprétation de la fin était bien différente pour l’une des participantes. J’ai énormément appris, tant sur les personnes présentes que sur les réflexions qui ont découlé de ces lectures. Aussi, je pense avoir surpris tout le monde avec, parmi les livres que j’ai amené, un livre de recettes (axé sur le partage des cultures à travers des plats internationaux et le vécu des personnes qui ont proposé ces recettes) ! L’occasion de montrer qu’il n’y a pas de “bons” ou de “mauvais” livres 🙂

Je pense sérieusement réitérer l’événement et je pense avoir déjà choisi le thème : l’engagement. On reste souvent attacher à l’idée que l’engagement s’apprend nécessairement dans les essais théoriques, mais pour avoir commencé avec de la fiction, j’aime l’idée de ces livres qui ont participé à un certain cheminement ! Aussi, l’engagement est multiple : il peut être vis-à-vis d’une cause comme vis à vis de soi, des autres… Et même quand il s’agit de soi, ça peut être un engagement suivant une chose en particulier. Bref, l’intérêt d’un thème large est l’investissement que les participants y mettent, avec leur enthousiasme et leurs réflexions !

Quant au public visé, j’ai été sensible à cette sécurité qui a permis de délier les paroles de ces femmes “racisées”, ce que je tiens à conserver. Toutefois, il y a eu des discussions où j’aurais été curieuse de voir des hommes “racisés” participer, notamment pour des thèmes comme “l’engagement”. Je dois y réfléchir encore un peu 🙂

Aussi, vous aurez peut-être l’occasion de voir quelques images de ce café dans le documentaire très attendu d’Amandine Gay, Ouvrir la Voix, dont l’équipe qui nous a suivi durant ces quelques heures.

De belles rencontres en perspective !

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Roots & Inspiration : Colorfull, les créations wax de Barira [Fr]

Les rencontres hasardeuses ont toujours quelque chose de savoureux, mais dans le cas de Barira, c’était un coup de coeur inespéré. C’était pourtant parti d’une simple discussion autour des vêtements, quand elle m’a finalement montré “ce qu’elle faisait le dimanche“. … Continue reading

Rencontre #4: réflexions sur l’afroféminisme francophone

Je me demande souvent comment je me retrouve à rencontrer des personnes aussi inspirantes, même si ça nous vaut de déprimer en fin de soirée parce qu’on n’a pas fait grand chose jusqu’ici. Lors de cette soirée, j’ai aussi rencontré Nathalie Plummer, a.k.a The Conquering Lion (voir le clip ci-dessus), personne très charismatique et super avenante, qui vient de sortir son album. C’était intéressant d’avoir son point de vue de femme caribéenne ayant vécu en Angleterre, elle s’étonnait de voir pourquoi tant de personnes non-blanches insistaient sur le fait qu’ils étaient français et il a fallu lui expliquer les problèmes que sous-tendaient cette question (le manque de reconnaissance, les attaques dans les médias, l’histoire des Caraïbes, etc), mais pas assez de temps pour développer tout ça !

Durant les nombreuses discussions qui ont eu lieu, l’afroféminisme francophone est venu sur la table, l’occasion pour moi de découvrir qu’il y avait eu des groupuscules afroféministes en France ! Je ne sais pas si vous réalisez l’ampleur de la chose, mais sachant que la plupart des références que l’on donne sont des militantes afro-américaines, il était assez surprenant de voir qu’il y avait eu d’ores et déjà des mobilisations. Ca pose également des questions de l’effacement systématique de la femme noire dans l’Histoire, que ce soit dans le militantisme ou même des mouvements  littéraires ( coucou, la Négritude).

Quelques liens, donc :

Comment penser sexe, race, classe ? : petite histoire de l’Union des Femmes de la Martinique ou quand les plus minoritaires sont les plus universelles

Gerty Dambury:”J’ai un passé de féministe. J’ai participé à la coordination des femmes noires qui a existé en France entre 1976 et 1981, à peu près”

Et cette interview de The Conquering Lion :«C’est très difficile d’être une femme noire caribéenne ouvertement lesbienne»

 

Malcolm X : Islam et culture de l’empowerment (Part 2)

  Nous disions précédemment que Malcolm X a tiré ses inspirations principalement de références afros (sans pour autant négliger les références classiques occidentales, comme les philosophes européens, etc) et des cours dispensés par Elijah Muhammad dans son apprentissage sur l’Islam. N’ayant … Continue reading

Roots & Inspiration supports : Coco & Breezy [Eng, Fr]

“Quand nous étions jeunes, nous étions harcelées à l’école parce que nous étions différentes. Et nous avons transformés le fait d’être différentes et d’être harcelées en quelque chose de positif : les lunettes de soleil. C’était une sorte d’échappatoire, nous les portions face à ceux qui nous harcelaient et bien avant de nous lancer dans leur design, nous en portions tout le temps, déjà. Les lunettes de soleil étaient un moyen de nous fournir un certain de niveau de confiance que nous n’avions jamais eu.(…) A 19 ans, nous avons quittés nos boulots, nous avons vendus nos vêtements, essayé d’avoir autant d’argent que nous pouvions, et nous avons acheté nos billets d’avion. Les gens pensaient qu’on était folles… et nous étions folles ! Mais vous avez besoin d’être assez fous pour changer le monde !”

Originaires du Minnesota, les jumelles Coco et Breezy racontent leur parcours : comment elles sont passé d’un simple Myspace pour aujourd’hui fournir les accessoires à des stars telles que Lady Gaga, Rihanna, Nicki Minaj…etc, en passant par un appartement aussi grand qu’un matelas en plein New York.

Super inspirant !

Salon du livre 2014 : 10/18, des cartes de visite et des ampoules.

“10/18, c’est l’âge requis pour lire cette collection ?” Si vous me suivez sur Twitter, vous savez certainement que j’étais au Salon du livre de Paris, cette année. Pas en tant que visiteur, non, ce serait trop facile. J’y étais … Continue reading