[Just Follow Me Mag] Out in the Blue + Interview de Léonora Miano

“Lève-toi, le ciel flambe déjà” Le 7 mars, je me rendais au Musée Dapper à Paris pour la performance Out in the blue de Léonora Miano. Je dis performance, parce que ce n’était pas un récital, ni un concert, ni … Continue reading

[Just Follow Me Mag] Sula de Toni Morrison

  Née en 1931, Toni Morrison a marqué le monde littéraire par ses œuvres, restituant à une littérature américaine blanche une partie de son histoire, souvent tronquée. Là où d’autres relatent l’esclavage, elle a voué son travail à la contemplation … Continue reading

Salon du livre 2014 : 10/18, des cartes de visite et des ampoules.

“10/18, c’est l’âge requis pour lire cette collection ?” Si vous me suivez sur Twitter, vous savez certainement que j’étais au Salon du livre de Paris, cette année. Pas en tant que visiteur, non, ce serait trop facile. J’y étais … Continue reading

Réfléxion 2: “Les noirs sont toujours des dominés”

“L’histoire des Noirs n’a pas commencé avec l’esclavage”

Si hier soir, tu étais devant le reportage de Capital sur l’Ethiopie et les rythmes de production de certaines entreprises managées par des Chinois, si devant cette émission, tu t’es retrouvé à penser “Les noirs ont toujours été des dominés”. Ou si simplement, tu as déjà et/ou penses toujours de cette manière: Félicitations, tu as intégré le racisme ambiant !  

L’autre fois, je te parlais déjà de cette nouvelle tendance du “raciste mais pas trop”. Mais c’était sans compter le racisme que tu portes en toi. Oui, tu sais, cette petite part qui te fait sortir des phrases toutes faites telles que : “Les noirs sont toujours des dominés”.

D’où ça vient ? Instinctivement, tu es tenté de te justifier, de pointer du doigt tes cours d’histoire, de dire qu’il n’y a qu’à voir ce qu’on dit à la télé, en cours d’histoire ou ailleurs. Tu vas me parler des bébés africains avec le ventre gonflé qui meurent de faim, et de la famine. Tu vas me parler des guerres aussi. Tu vas me sortir ces images symptomatiques d’une Afrique de misère, parce que c’est ce que tu as toujours vu. C’est ce qu’on t’a appris. Tu oublieras soigneusement le règne des Egyptiens, car l’on t’a appris cette dissociation entre l’Afrique noire et l’Afrique du Nord et tu te perdras dans cette masse informe de ces pays dont tu oublies le nom.

C’est cette masse, ce bloc massif qui fait d’un reportage sur une usine en Ethiopie, accoucher d’un généralisant et rabaissant “Les noirs sont toujours des dominés“. Ah tiens, les Noirs sont forcément des Ethiopiens ? Il existe un pays appelé la Noirie ? Je ne savais pas. La vérité, c’est que ce racisme intégré est, bien qu’institutionnalisé, le résultat de ta méconnaissance. En Afrique, ce continent aux nations diverses, en 2013, des projets émergent: que ce soit dans la mode, les technologies, l’écologie…Etc.

C’est la faute aux autres, à la société aussi.  C’est pas faux. Mais c’est aussi la tienne.

Je ne suis pas plus intelligente, j’ai découvert tardivement qu’il y avait autre chose. Qu’il y a eu des Empires, des rois et reines. Que durant l’esclavage, la colonisation, il y a eu des résistances, des luttes, des victoires comme des défaites. Tu savais qu’il y avait eu des romanciers esclaves, bien avant le film 12 years a slave ? Que De Gaulle s’était réfugié à Brazzaville pendant la Seconde Guerre Mondiale ? Moi pas, alors j’ai fouillé, j’ai lu sur le net çà et là. J’ai parlé à des gens et j’ai posé des questions. Ce dont tu te rends compte, c’est que ces mêmes personnes qui te font ce portrait de l’Afrique ne savent pas plus que toi.

Ne pas savoir est une chose. Mais savoir qu’on ne sait pas et perpétuer cette ignorance, c’est cautionner et véhiculer encore ces portraits. Si tu fais le choix de ne pas réfléchir parce que l’Afrique ne t’intéresse pas, de quel droit juges-tu  alorsce qui s’y passe ? De quel droit nies-tu simplement son évolution ?

C’est qu’un tweet. Qu’une opinion. Mais penser que nos opinions sont des productions individuelles, indépendantes de tout ce que nous avons appris, de tout ce que nous voyons, entendons autour de nous; est faux. C’est se donner trop d’importance alors que nous ne faisons qu’articuler des généralités du fait d’un discours général ambiant. Notre parole reprend une narration dominant nos individualités. En d’autres termes : ces généralités toutes faites qu’on dégobille comme si elles étaient le produit de nos réflexions les plus intenses, sont simplement les résidus d’opinions plus grandes que nous. 

On t’a appris que la pluie gelée était désignée par le mot neige. Mais il y a un peuple qui utilise neuf termes pour désigner ce que tu vois, parce qu’ils ont appris à distinguer neuf états de cette neige. Qui a raison ? Tu n’es pas mieux qu’eux, ils ne le sont pas mieux que toi. Alors comment on fait ?

La question n’est pas de déclarer la véracité de ce qu’on ne connaît pas, mais de questionner la véracité de ce que l’on connaît déjà.

Les pays africains ont une histoire avant l’esclavage, et ils en ont une encore aujourd’hui. En 2013, il y a des hommes et des femmes qui changent leurs pays. Mais toi, tu balayes tout ça, leurs histoires, leurs combats et leurs identités parce que ce ne sont que “des noirs qui ont toujours été des dominés“. Non, ce que tu sais faire, c’est regarder la télévision en tweetant sur ton portable; parce que c’est plus facile, plus rassurant, de regarder ce qui passe à la télé.

It is easy to r…

It is easy to romanticize poverty, to see poor people as inherently lacking agency and will. It is easy to strip them of human dignity, to reduce them to objects of pity. This has never been clearer than in the view of Africa from the American media, in which we are shown poverty and conflicts without any context.

Chimamanda Ngozi Adichie

Read more at http://www.brainyquote.com/quotes/quotes/c/chimamanda522378.html#41xBOTgHepKSU3wc.99

Is being open-minded a myth ?

 

Trying harder to be open-minded, it’s like having a mind stretching on and on and on. It’s way easier when you just have to hear the culture of the other, but what about when you have to accept it in your daily life ? Let’s go back to my personnal context.

I am mixed, and try to find a balance between three different cultures(two different, and an intern one) : african, french, and french-carribean. I am in the middle of a constant struggle that people simply sum up : “it’s the same”. No, it’s not the same. There is something offensive in the way to say “it’s not the same”. Usually, people think that underlining differences is to separate people. For example, when I say I am french, my afro friends are joking about all the things I ignore about Africa.  We were talking about music, and they were testing me about singers I know, until one of them stop their atonishment and say “she’s french, guys !”.

On one hand, it was fair to underline the fact I have a french culture, and that my african origin do not mean I am african. On an other hand, it sounded like “she won’t ever understand”, as if it won’t ever be enough. Somehow, it’s true. My parents don’t understand each other on some facts because they don’t share the same culture, so I can say yes, it cannot be enough. Not that it makes it impossible but, sadly, I think it’s quite idealistic to think about an equal relationship, even with compromises. We can lead to this ideal understanding, we can belive in it, but it will miss something.

However, I barely can conceive my life without foreign friends. During a long time, I felt stuck, incomplete – if you think about Backstreet boys’s song I forgive you, I thought the same haha – I felt I needed something else. It took time before I get what it was about. I need to feed myself of others cultures : some people can build their identity through their own country, fact that I respect because I think patriotism is fascinating in its manner to be enough by itself. They just need their country, and that’s alright. But it’s not my case, I easily felt stuck during a long period, I felt almost claustrophobic to do not experience something else. So I left, I met new people, I built my european identity,  and I came back. Lately, I met imigrant people and it’s thrilling because I break my unconscious prejudices about them, and I learn a lot.

… I finally fell in love with someone who has a culture different from mine. And as thrilling was our discussions, we hurted each other through the incapacity to understand each other sometimes. It was very complexe, but I loved him. I loved him for these differences and also because he teached me to understand his mentality. I discovered, once again, that I had limits and a rest of prejudices, that I could be more understanding. I even have some regrets to have been so stubborn: just because my own personnal life was influenced by what I knew of Africa through my dad, it did not mean that African people are like him. Simple thought, easily forgotten though. Africa contents different countries and cultures. I think I just suffer/I am scared to be considered as an ethnocentric european person, who doesn’t try to go further. I run away from this stereotype, and even sometimes I feel as if my afro friends slightly and unconsciously related me to this at the beginning. Everytime, I broke once more their own prejudices.

Pedagogy is the key.