“On se voit au Comptoir Général ?” Ou la consommation des femmes”racisées”

Tout a commencé quand une amie noire s’est entendue dire “bourgeoise” parce que nous parlions des produits fait-maison que nous faisions  pour nos cheveux afros. J’aurais très bien pu m’arrêter sur les raisons pour lesquelles ma pote et moi n’étions pas bourgeoises – oui, jusqu’ici, mon blog ne m’a pas rendue riche, mais je vous préviens dès que ce sera le cas, parole de Piketty ! – , mais j’ai réalisé que ce n’était pas une affaire de réfléxion mal placée. En effet, j’avais oublié ce fossé que beaucoup de personnes découvrent en ce moment, qu’ils appellent la “fracture sociale”. Ce spray à base d’eau et d’huile d’olives, ces recettes glissées entre femmes noires pour leurs cheveux afro, tout cela a ses facteurs. Ce n’est pas une question de tendance, telle qu’on en parlerait dans les magazines, ou du moins, ce qui est devenue une “tendance”, c’est l’engouement d’une population de femmes noires qui se réunissent pour des évènements spécifiques à leur identité et leur physique, par exemple (je pense notamment à l’engouement pour la Natural Hair Academy de cette année qui, encore une fois, a été marquée par le nombre de visiteurs qu’elle a accueilli). Alors, comment achète-t-on en tant que femme”racisée”? Si la personne là-bas voit n’importe quoi à ce que mon amie et moi fassions nos produits nous-mêmes, c’est bien que nous n’achetons pas de la même façon, non ? Après une longue réflexion sur les tenants et aboutissants de cette question, j’ai interrogé des femmes racisées autour de moi, histoire de mettre de l’ordre dans tout ça !

I. Consommer : acte à portée de main ou acte restreint ?

Les quelques exemples qui vont suivre sont issus de mon expérience et de celles femmes citées. Pour celleux qui savent déjà que le cheveu est politique et que la beauté noire est soumise aux diktats de la suprématie blanche actuelle, il n’est pas surprenant de voir les répercussions dans nos paniers. Les produits spécialisés sont souvent un fourre-tout de produits chimiques pour “traiter le cas “ethnique”” de nos cheveux afros*toussote*, souvent plus chers : la plupart de nos achats sont souvent  le résultat d’une investigation faite auprès de nos mères, soeurs, cousines et amies, puisque même les professionnels de l’esthétique ou de la santé ne sont, souvent, pas formés aux spécificités des peaux/cheveux noires. En témoigne la pétition récente pour la formation des coiffeurs aux cheveux afros :

“Aujourd’hui les professionnels de la coiffure ne sont pas formés aux spécificités des cheveux crépus et frisés. Pourtant, pour exercer, il est exigé aux coiffeurs d’avoir un CAP ou BP coiffure : “La réalisation de tresses africaines effectuée sur cheveux secs, sans lavage, ni traitement préalable, et sans prestation de coupe, est assimilée à un service de coiffure, de même que la pose de dreadlocks de rajouts ou d’extensions.(…)” Pourtant AUCUNE des formations existantes à ce jour ne prépare au soin, à la coiffure de ce type de cheveux. Conséquences : il n’existe aucun professionnel de la coiffure noire et métissée formé par l’éducation nationale, trop peu de gens pour nous conseiller et prendre soin de nos cheveux.”La pétition ici.

C’est également à cause de ce manque de formations que je me suis retrouvée pendant des années avec des crèmes contre l’acnée prescrites par ma dermato, qui m’asséchaient la peau au point de faire des plaques. Il m’a fallu autant d’années pour trouver simplement une crème hydratante. Idem avec les vendeuses Sephora qui, sous prétexte que je sois noire, traitent ma peau comme une “peau à problèmes”; une exclusion sur laquelle beaucoup de nouvelles marques s’empressent de surfer pour proposer leurs produits miracles à des prix exorbitants. Pas plus tard que ce week-end, j’ai eu droit à une vendeuse de cosmétique qui a usé du discours habituel : “vous avez une peau à problème, c’est vraiment pas joli, mais c’est normal chez les peaux black ça. Alors parce que je vous aime bien, je vais vous aider et vous proposer le “gel hyper super méga parfait” pour vous, et vous faire un prix qui reste exorbitant, mais parce que c’est vous hein !”. En d’autres termes, les marques jouent sur les brèches du marché standard pour profiter du porte-monnaie des femmes non-blanches. Certains diront qu’il s’agit “juste de crèmes” ou de cheveux, et pourtant, nos possibilités de consommer sont réduites selon notre profil sur plusieurs niveaux :

Pour les produits alimentaires, je me fournis en boucherie hallal pour les épices et certains produits carnés, ou chez mon épicier au marché pour les fruits secs et les trucs style pâtes pour le djouez ou la chorba. Pour les produits cosmétiques, j’ai la peau claire donc les nuances standards me vont (après je dis pas que je suis bien maquillée, je suis assez nulle à ça donc c’est BB crème et c’est tout). pour le coiffeur, j’ai trouvé une coiffeuse blanche qui fait exactement ce que je veux sans me casser les ovaires, et qui essaie pas de me refourguer un brushing à tout prix. Enfin pour les fringues, je me fournis uniquement en Grande Bretagne par correspondance (mais là c’est pas spécialement racisée, c’est pour avoir des fringues un peu classe alors que grosse)“Sofia.

Il ne s’agit donc pas que de l’esthétique – où l’on essaie au passage de nous conformer aux modèles occidentaux et blancs en vigueur – mais bien d’un marché bien excluant car proclamé comme standard. Les femmes non-blanches que j’ai interrogé sont unanimes : leur consommation se distingue par le prix trop élevé, le manque de choix des produits et… du temps ! En effet, être exclue des cœurs de cible de la clientèle nécessite la mise en place de stratégies et de moyens alternatifs. A ce sujet, Fania souligne :

Y a la question du temps aussi. Parce que consommer de manière politique, ça demande de l’argent et du temps (trouver les infos, le faire,apprendre…), temps que les plus précaires n’ont pas à force de courir après les euros. Je pense qu’une mère de famille monoparentale, caissière en horaires différés, ben le plus simple c’est le supermarché” Fania (…) J’essaie de ne pas consommer trop de viande non plus, et d’acheter le moins possible de produits transformés car je préfère cuisiner. Maintenant je me rends aussi compte que j’ai un job flexible et des moyens qui me permettent d’acheter des produits frais et d’avoir le temps de les cuisiner. Pour les produits Libanais j’essaie de les ramener du Liban quand moi ou quelqu’un que je connais y allons, sinon dans les épiceries moyen-orientales.” Paola.

De ce fait, les femmes non-blanches ne sont pas considérées comme des clientes standards : elles devront toujours payer un  supplément si elles souhaitent être considérées par le marché actuel, ou élaborer des stratégies sur-mesures. Mais si la consommation se pense parfois en termes de besoins et des denrées nécessaires, ce n’est pas seulement l’accès à certains produits qui est excluant, mais bien que les femmes non-blanches subissent de micro et macro-agressions, tant par le biais de la publicité, jusqu’aux lieux mêmes où elles consomment.

II. Pâtisseries racistes à Grasse, salons de thé et bars ambiance “ère coloniale” : les micro-agressions de la consommation.

J’ai eu une grande admiration pour une amie, femme noire qui, voyant qu’une vitrine exposait pour Pâques une autre sculpture raciste, s’était empressée de rentrer dans le magasin pour expliquer calmement à la caissière, une femme blanche, en quoi ce qui était exposé était raciste et inacceptable. Je crois même qu’elle avait fini par laisser quelques pages imprimées sur la condamnation de la marque Banania; sous les yeux horrifiés mais néanmoins orgueilleux des propriétaires. Elle avait quitté le magasin, sous les remarques racistes des vieilles femmes qui avaient assisté à la scène. Une des raisons pour laquelle je l’admirais était précisément parce qu’elle avait fait l’effort de répondre à cette micro-agression : comme tout le monde, elle était allée faire ses courses à la boulangerie, mais à l’inverse de tout le monde, elle avait eu droit à cette micro-agression. Ce n’est pas la première à qui cela arrive, mais rares sont celleux qui accepteront de perdre leur énergie pour dénoncer celles-ci. Tout simplement parce que cela épuise. Du fait de son histoire et de son système actuel, les lieux que nous fréquentons en France – et en Europe – sont ancrés dans cette mentalité raciste post-coloniale. Notre espace se voit parfois marqué de manière très douteuse et malsaine par une mise en avant décomplexée de thèmes xénophobes : de la pâtisserie négrière de Grasse jusqu’aux salons ambiance comptoir colonial. A ce propos, Aurore me confiait :

“Y a que moi que ça a foutu mal à l’aise “l’esthétique coloniale” du Comptoir Général? C’était malaisant à souhait. Je l’ai très mauvaise “l’esthétique coloniale” à la mode à Paris. Je vois pas comment quelqu’un peut glamouriser une partie aussi sanglante et dévastatrice de l’histoire française. Et les vigiles Noirs du Comptoir Général portent une espèce de veste style colon pendant que les clients Blancs s’enjaillent… Paris. 2015. L’esthétique colonial qui sévit à Paris m’a choqué dès mon arrivée. J’étais pourtant vaguement conscientisée et kumbayiste à l’époque. J’étais fraîchement débarquée de la Guadeloupe. Septembre 2012 : Première affiche que je vois sur un bar ? Un truc style Banania.”

Qu’il s’agisse des pratiques du marché ou de l’environnement, les femmes non-blanches se retrouvent contraintes d’accepter ce climat, au détriment de leurs identités, car la norme prime. Mais parfois, certaines décident de recourir à leurs propres moyens, ou encore au boycott, construisant ainsi une résistance politique et économique.

III. “Vous êtes ce que vous achetez” ? Consommer, un acte politique.

Ca veut dire quoi consommer ? Penser ce que l’on consomme de manière politique, c’est une réflexion intéressante que j’ai découvert pour la première fois avec l’afrovéganisme comme j’en parlais dans cet article, et principalement sur la question de décoloniser notre consommation que Thomas Sankara posait :

«II est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte également ses volontés, explique Sankara. Regardez dans votre assiette, quand vous mangez le grain de riz, de maïs, de mil importé. C’est ça l’impérialisme [8] . » A travers l’extrait de son discours lors de la conférence nationale des Comités de Défenses de la Révolution, devenu presque trentenaire, Sankara nous indiquait que plus  qu’un simple instrument de satisfaction des besoins nutritionnels de la population, la politique alimentaire est aussi un outil de lutte pour conquérir la souveraineté nationale”. AfrikaWeekly

Alors c’est vrai qu’entre une politique à l’échelle nationale et son panier de course individuel, ce n’est pas la même chose. Mais concrètement, ça se passe comment ? Pour Inès, c’est une grande organisation : Mon principal obstacle sans conteste c’est l’origine des produits !!!” me dit-elle.

“A la base c’est pas forcément une préoccupation en tant que femme racisée, mais je pense que je suis très sensible à la question parce que je m’identifie pas mal en tant que racisée aux personnes sur le dos desquelles cette consommation se fait. Il y a le boycott général des produits israéliens (mais ça ça va c’est facile parce que ces produits sont minoritaires sur le marché), mais il y au aussi les boycotts de certains types de produits venant de certains types de secteurs (et c’est plus restrictif parce que c’est plus difficile à connaître). Quelques exemples:

  • quand vous voyez qu’une crevette/fruit de mer/poisson a pour origine “océan indien” ou un truc du genre, il y a de grandes chances pour que ce soit pêché par des enfants
  • depuis le drame au Bengladesh dans l’immeuble qui s’est effondré, je n’achète plus de vêtements Zara/H&M/etc qui sont “made in bengladesh”
  • autant que faire se peut, boycott des produits Nestlé (pas facile quand on vit en Suisse), boycott des hard discounters qui offrent de sales conditions de travail à leurs employés (Aldi, Lidl, etc)

Et la parade c’est : 1) beaucoup de temps passé à s’informer 2) passer un temps fou à lire les étiquettes 3) privilégier autant que faire se peut les produits les moins transformés possibles (par exemple, acheter des ingrédients pour faire un plat plutôt qu’un plat préparé, etc). Ah oui un autre truc hyper important c’est de respecter un peu la “propriété intellectuelle” (je sais pas comment appeler ça autrement): par exemple si je veux de l’huile d’argan cosmétique, je vais pas acheter un produit cosmétique L’Oréal, je vais chercher une huile d’argan commercialisée par un-e marocain-e.”

Quand je lui demande si la consommation est un acte politique pour elle :

“Oui, je pense que consommer est un acte politique et que ce que je fais avec mon porte monnaie est souvent plus significatif que ce que je fais d’un bulletin de vote. Donc du coup, ça rimerait à rien d’avoir une sensibilité politique mais de ne pas le répercuter sur ma façon de consommer. Ensuite, est-ce que c’est plus cher? Pas forcément, car si on renonce forcément à certaines choses, on peut aussi faire des choix économiques du genre manger moins de viande ce qui donne plus de moyens pour le reste, ou faire moins intensivement du shopping. Après, y a quand même des trucs qui sont moins chers quand on les fait chez soi: faire un masque capillaire à l’huile de ricin c’est hyper moins cher que d’acheter des produits L’oréal ou je ne sais quelle marque.

Être racisée et européenne donc – ou du moins vivre en Europe en étant racisée, ça inscrit notre consommation dans un système complexe : on pourrait aisément relever les similitudes avec une consommation éco-responsable ou éthique, mais celles-ci relèvent souvent de choix et de convictions, et s’insèrent souvent dans des dynamiques problématiques (en témoigne les récentes polémiques autour de certaines initiatives du commerce équitable). Ce ne sont donc pas des contraintes liées au fait de ne pas être considérée par un marché standard dominant et post-colonial (avec toutes les exploitations que cela implique, coucou la Françafrique). Difficile donc de cerner tous les enjeux et des solutions, et pourtant, des initiatives comme La Marmite Décoloniale, une site de recettes décoloniales de Fania, permettent d’avoir un premier aperçu :

“Moi, j’évite les produits sur la liste BDS, qui viennent de République Dominicaine ou lié au génocide au Kongo“me dit Fania.

Quand je lui demande si faire ce site comme un livre de recettes décoloniales, ça avait une visée politique dans la manière dont on mange, elle répond:
Oui, c’est surtout la transmission. Ce qu’on reçoit, ce qu’on y apporte et ce qu’on en fait. Être en France et pouvoir faire un plat marocain en étant noire haïtienne, c’est intéressant. [C’est]Déconstruire le fait de se galvaniser de savoir des trucs de l’impérialisme culturel occidental alors qu’on ne sait pas [grand chose] de nos frère et soeurs raciséEs.”
Penser sa consommation pour mieux agir à l’égard des autres”racisées”dans un système capitaliste déjà balisé, avec ses contraintes et ses marges de manœuvre réduites, souvent dues à nos identités minoritaires et à la précarité, c’est ce qui est ressorti des différents témoignages que j’ai eus. Des initiatives et des mobilisations sont possibles, qu’elles soient à l’échelle individuelle ou l’objet d’une mobilisation collective. Internet participe notamment à cette mobilisation par la création de médias alternatifs comme celui de Fania, et, sans qu’on ne le réalise vraiment, permet des résistances à différentes échelles.
Je n’ai pas encore eu le temps de me poser après tous ces échanges très marquants. C’est davantage un état des lieux de pistes à approfondir. Mais je regarde différemment les propositions que me fait mon entourage pour ramener des produits de pays producteurs, comme pour du beurre de karité, quand ils retournent au pays, par exemple. Ces réflexions touchent une remise en question – si ce n’est une déconstruction – de nos usages, et ouvrent de nouvelles perspectives pour être un peu plus conscient de son environnement.
Si tu as trouvé ces illustrations magnifiques, cours sur le site de Tiffany Ford !

POUR ALLER PLUS LOIN :

Plusieurs thématiques dans cet article de MsDreydful sur l’antispécisme.

Note : Parler des problématiques liées à la consommation des femmes”racisées”, ce n’est pas conférer une exclusivité, mais bien une mise en avant des spécificités qu’elles rencontrent. Il y aurait plein de choses à dire autour, des liens avec d’autres sujets, etc. Donc : – A ceux qui viendront me dire “gnagnagna mais les hommes racisés aussi”, cool pour toi, bro, si tu te reconnais dans les quelques exemples cités. Je t’invite même à faire ton article. – A celleux qui viendront me dire”gnagnagna mais les blanc.he.s aussi”, je t’invite à lire l’ensemble du blog.

7 thoughts on ““On se voit au Comptoir Général ?” Ou la consommation des femmes”racisées”

  1. Bravo pour cet excellent article qui souligne des choix que l’on peut faire sur notre consommation au quotidien, de manière consciente, ou inconsciente. Comme on dit chez moi, qui contrôle son assiette contrôle sa destinée, alors oui, je suis persuadée que nos choix de consommation jouent un rôle déterminant dans les rapports dominants/dominés dans nos sociétés.

  2. Article très intéressant. Il y a en effet beaucoup à dire.
    Je considère également que les choix de consommation sont une part assez importante de mon engagement politique. Que ce soit le choix de ne plus manger de viande, de consommer bio ou local, ou bien d’avoir pris le temps d’apprendre à connaître mes cheveux après un big chop il y a dix ans, il m’est impossible de voir ces démarches autrement que comme politiques.
    Il est vrai qu’Internet a joué un rôle capital dans la réappropriation de mes habitudes de consommation. Mais il est aussi vrai que toutes les Afrodescendantes ne vivent pas dans des villes où regorgent les épiciers/boutiques africaines (là où à Paris, il suffit de changer d’arrondissement), et certaines sommes assez isolées et ne connaissent pas de personnes pouvant nous ramener des produits depuis le pays d’origine. Je suis dans ces deux cas de figure, et cela peut parfois malheureusement enrayer cette démarche.
    Je pense qu’au final comme tu le dis dans l’article, la mise en place d’une stratégie adaptée (notamment en cosmétique) prend beaucoup de temps, certainement bien plus que pour les femmes non-racisées qui ont un choix immense et auxquelles l’offre s’adresse avant tout. Je prends donc mon mal en patience, et surtout j’écoute les conseils des soeurs sur les différents plateformes du web. Self care & partage avant tout!
    En tout cas, beau travail!🙂

    • Merci beaucoup Alma ! Oui, c’est pourquoi pour moi ça questionne nos usages, avec les démarches et les moyens qu’ils impliquent : c’est très hétérogène selon la situation géo, pol et éco dans laquelle tu te trouves, et ça ne va pas de soi. Je suis moi-même de province, et je n’ai pas encore profité des possibilités de la capitale pour réfléchir à tout ça. Merci pour ton commentaire !

  3. Hyper-intéressant de penser ensemble les questions de la consommation des femmes racisées, de l’imaginaire colonial et de consommation responsable socialement, politiquement et écologiquement (conditions de travail des productrices-eurs, boycott, local/végan etc)! Un exercice totalement réussi de réflexion intersectionnelle!! Un plaisir de te lire. Soutien 100%

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