“Une saison blanche et sèche” d’André Brink – Extrait “Je suis blanc”

“Je croyais qu’il était encore possible de transcender notre « blancheur » et notre « noirceur ». Je croyais que tendre la main et toucher l’autre par-dessus l’abîme suffirait. Mais j’ai saisi si peu de choses comme si les bonnes intentions pouvaient tout résoudre. C’était présomptueux de ma part. (…) Je peux me mettre à leur place ; je peux éprouver leurs souffrances. Mais je ne peux pas vivre leur vie. Que pouvait-il sortir de tout ça, sinon l’échec ?

Que je le veuille ou non, que j’ai envie ou non de maudire ma propre condition – et ça ne servirait qu’à confirmer mon impuissance -, je suis blanc. Voilà l’ultime et terrifiante vérité de mon univers brisé. Je suis blanc. Et parce que je suis blanc, je suis né dans un état privilégié. Même si je combats le système qui nous a réduits à ça, je reste blanc et privilégié par ces mêmes circonstances que j’abhorre.”

Ben du Toit, personnage principal Afrikaaner, sur l’Apartheid.

Ceci est un extrait du roman d’André Brink. Ces lignes ont été écrites en 1979 sur l’Apartheid. Nous sommes en 2014, et ce passage sur le privilège blanc s’applique toujours encore aujourd’hui.

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