Roots & Inspiration:”Women” by Carol Rossetti [Eng,Fr]

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  Sur son tumblr, une des images de cette série était une femme mince dont la légende dénonçait cette injonction aux formes féminines pour prouver sa féminité. Un commentateur a demandé “pourquoi il manque un bras à cette jeune femme … Continue reading

[BOOKREVIEW]“Blues Pour Elise” de Léonora Miano : une belle intro à la Littérature Afropéenne [Fr]

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Depuis le temps que j’attends de vous écrire une telle critique… Pour ceux qui me lisent depuis un moment, vous savez déjà combien j’ai l’habitude de déplorer l’absence d’une mise en valeur d’une littérature afropéenne. Les raisons de cette envie … Continue reading

BOOKREVIEW: Toni (Morrison), what’s going on ?

  In France, a literature similar to traditionnal afro-american literature  (Toni Morrison, Alice Walker, Alex Haley…etc) is not as strong as in U.S.A, I think. We have a lot of essays, of history books, but novels… Not so many. Somehow, I share this afro-american culture which screams the “black History” or “black culture”, because I hardly found something or I never heard anything similar here. Don’t get me wrong, maybe I just don’t know and probably did not go further, but the fact is my mother fed me of these movies like Color Purple and so on, when I was very young. I was 8 when I saw ROOTS for the first time. Since that day, I watch it every year like a ritual (if you want I will talk about that another time). Therefore, it’s in this afro-american influence that my mother adviced me to read Toni Morrison. God, I avoided it during a long, long, long time. Toni’s book alone on my desk, or my bed, or in my bag. Never in my hands. Don’t ask me why, I have no idea. Then, this year for christmas, Home got succesfull in France and, for once, I agreed to read something which was popular in medias and dropped my past century books that I love so much.

Let’s go further after this long introduction : I read Home. Yep. I read it and this book made me feel dizzy. As if I did not correctly hold it, as if I was guilty of something that I did not know. The atmosphere of the novel is heavy, systematically drowning you in a deep way. It is not something that you read to relax, you read it in order to see how look Truth. Not the noble one, the one that we congratulate with a moral weight. No, the other one, the ugly truth of History. Frank, the main character, could steal some sympathy from us. Page after page we could feel sorry and close from his intimate misery, the misery of a survivor soldier after Korea War. Yes, we could, but his life is so ugly by his authenticity that it is uncomfortable to know all the details. It’s uncomfortable to see that we cannot not judge him. How hard we try to understand his sister or him, to understand this reckless and bitter America… We can’t not judge.

I would be interested to know how American readers felt during their reading.

The fact is reading Toni Morrison’s book was tough. It was like eating something so thick that, even if it is good, we don’t really know if we’ll have a stomackhake after that. My opinion will seem mixed to you, so let’s be clear : I liked it :) . I don’t know why, probably because her way of writing “acted” on me, touched me, troubled me. After finishing this book, I felt… thirsty. Yeah. Thirsty. The history itself did not entertain me so much, because it needed to be digested. Analized. It’s just I needed to read more. Like “Toni, what’s happening to me ? what’s going on ?” This is the reason why, now, when I take the metro, I try to find a seat. Not seats which will need to be available when it’s crowded. A comfortable seat. Only then, I can open my purse, letting run my hand in the bottom, and take Tar Baby, another Toni Morrison’s book.

I don’t really know what to think about Toni’s books, because it’s not about to think but to feel.

What I know though, is that I don’t feel thirsty anymore. 

P.S : Good news, this blog will be updated more often now. I closed my others blogs because this one is the most authentic. Let’s see where we’ll go.

Rencontre #4: réflexions sur l’afroféminisme francophone

Je me demande souvent comment je me retrouve à rencontrer des personnes aussi inspirantes, même si ça nous vaut de déprimer en fin de soirée parce qu’on n’a pas fait grand chose jusqu’ici. Lors de cette soirée, j’ai aussi rencontré Nathalie Plummer, a.k.a The Conquering Lion (voir le clip ci-dessus), personne très charismatique et super avenante, qui vient de sortir son album. C’était intéressant d’avoir son point de vue de femme caribéenne ayant vécu en Angleterre, elle s’étonnait de voir pourquoi tant de personnes non-blanches insistaient sur le fait qu’ils étaient français et il a fallu lui expliquer les problèmes que sous-tendaient cette question (le manque de reconnaissance, les attaques dans les médias, l’histoire des Caraïbes, etc), mais pas assez de temps pour développer tout ça !

Durant les nombreuses discussions qui ont eu lieu, l’afroféminisme francophone est venu sur la table, l’occasion pour moi de découvrir qu’il y avait eu des groupuscules afroféministes en France ! Je ne sais pas si vous réalisez l’ampleur de la chose, mais sachant que la plupart des références que l’on donne sont des militantes afro-américaines, il était assez surprenant de voir qu’il y avait eu d’ores et déjà des mobilisations. Ca pose également des questions de l’effacement systématique de la femme noire dans l’Histoire, que ce soit dans le militantisme ou même des mouvements  littéraires ( coucou, la Négritude).

Quelques liens, donc :

Comment penser sexe, race, classe ? : petite histoire de l’Union des Femmes de la Martinique ou quand les plus minoritaires sont les plus universelles

Gerty Dambury:”J’ai un passé de féministe. J’ai participé à la coordination des femmes noires qui a existé en France entre 1976 et 1981, à peu près”

Et cette interview de The Conquering Lion :«C’est très difficile d’être une femme noire caribéenne ouvertement lesbienne»

 

Féminisme, intransigeance, pédagogie : de quoi parle-t-on ?

Le féminisme inclut…

 

des femmes de couleur…

des femmes non-hétérosexuelles

des femmes trans, des femmes non-valides,

des femmes avec tout type de corps (morphologie)

peu importe ce qu’elles portent…

Bonjour vous.

Je suis de loin le débat actuel sur l’intransigeance et la pédagogie du féminisme, via des articles divers. Entre efficacité de la cause, tone policy qui s’ignore, et vraies interrogations sur l’accessibilité du féminisme, on mélange pas mal de choses, mais surtout : on oublie qu’il y a plusieurs portes vers le féminisme, et que cette réalité est davantage qu’une simple différence de trajectoire.oppressions qui auront des schémas plus ou moins similaires.

“Le féminisme, ça nous concerne toutes”

C’est très beau sur le papier, mais beaucoup de personnes parmi nous sont d’accord pour dire que la réalité est bien différente. Dans le cas de plusieurs militantes afro’ – dont moi, c’est par le biais de l’antiracisme que nous sommes arrivées à un féminisme intersectionnel, soit un féminisme acceptant de prendre en compte les intersections entre race et genre (entre autres). Il est bien entendu que d’autres femmes ont un schéma similaire suivant d’autres oppressions.

Si j’utilise le terme “biais”, c’est bien que l’une des failles du féminisme avec un grand F n’est pas accessible pour toutes. Il a une image, un profil privilégié que l’on pourrait décrire comme étant une femme blanche hétéro, cis, bourgeoise, valide, catholique, etc. Ajoutez à cela tous les appareils institutionnels qui promurent cette vision, et un discours traitant le fait que vous soyez noires/musulmanes/lesbiennes/non-valides comme un problème secondaire, et vous comprendrez que certaines femmes ne se soient jamais senties concerné(e)s ou intéressées, étant déjà occupée à gérer une autre oppression que la société invisibilise déjà.

De ce fait, on peut dire que notre identité est radicalement invisibilisée par cette tendance à faire des femmes “cumulant trop d’oppressions”, des féministes de seconde zone dont les problèmes seront entendus plus tard, à la fin d’une liste déjà bien longue. Je l’avais expliqué ici, il y a des mécanismes institutionnels qui persistent au sein de différents mouvements, perpétuant le silence autour de sujets comme la transidentité, la body positivity, etc. Alors, bien sûr, on admet volontiers que l’évolution de ces mécanismes sont lents, demandent du temps, mais je ferai ici une distinction particulière entre les organisations et la parole.

Le problème aujourd’hui est que, en plus de ces organisations et associations figées où même des co-fondateurs/trices, cherchant à changer les choses en faveur de la diversité des femmes, se font finalement éjectés, on demande perpétuellement à certaines femmes de se taire sur leurs oppressions “secondaires” : sauf que celles-ci n’ont rien de secondaire au quotidien, elles sont à la gauche, comme à la droite de notre genre, puis devant, puis encore un peu à côté. Elles sont là. En somme, quand il s’agit d’en parler, il est demandé de le faire moins fort, plus tard, de manière pédagogue, tout en serrant les dents vis à vis d’insultes, sans nous répéter… On finit par nous contraindre au silence.

Le prix de la pédagogie n’est pas le même pour toutes, et l’intransigeance est souvent une question de safety. Jusqu’ici le débat semblait aborder principalement le discours d’une féministe au non-féministe, sans songer une seule seconde qu’être féministe est sous-tendu par plusieurs implications pour beaucoup d’entre nous. Il y a une fatigue ambiante, un épuisement et un agacement qui parcourt les strates des différents mouvements, les plus silenciés et les plus invisibilisés. Aujourd’hui, je comprends sans mal le ras le bol des féministes musulmanes par exemple, à qui l’on demande dans un soucis de pédagogie de réexpliquer et justifier encore et encore et encore comment on peut être musulmane et féministe.

Ainsi, la manière dont a été ouvert le débat jusqu’ici, est assez parlant de cette tendance à globaliser, renvoyant certaines femmes à des rangs éternels de seconde zone. Certain(e)s diront que l’on fait trop dans la nuance à évoquer ces différents de femmes, mais ça ne devrait pas être une question de nuance de penser à d’autres femmes que soi. Si l’on pouvait déjà entendre ce malaise, peut-être que certaines d’entre nous accepterait d’écouter et d’expliquer en retour. Si l’on ouvre ce débat, que cela soit fait totalement et non à moitié.

L’accessibilité au féminisme…mais pour qui ?

Ceci étant dit, je trouve que l’émergence de ce débat après “Women Against Feminism” est assez – bon ok, TRES – mal choisie. Il y a une nouvelle narration étrangement étrange : ça sent quand même la plaidoirie ici et là, à croire que ces jeunes femmes ont écrit sur des pancartes et envoyé des selfies par accident. Je grossis le trait, mais ce que j’essaie de souligner ici c’est la notion d’ignorance que j’ai vu être excusée dans certains commentaires et déclarations.

J’entends parfaitement le fait que les déclarations de ces femmes soient le produit de la culture du viol ambiante, qu’il y a certainement un “appel” – caché – derrière tout cela, mais je trouve qu’une narration très dérangeante fait son apparition après ces constats : “il a tapé la personne, mais c’est parce qu’il veut exprimer son mal être. Même si c’est mal qu’il l’ait tapé oui”. C’est un peu ça que je lis. Et j’utilise volontairement le verbe “taper”, car il y a des déclarations abominables parmi les pancartes de WAF, notamment sur la notion de victimes.

Je reprendrai donc ce que j’avais dit au sujet du racisme : “Ne pas savoir est une chose. Mais savoir qu’on ne sait pas et perpétuer cette ignorance, c’est cautionner et véhiculer encore ces portraits.” Ces femmes ont sciemment créé un tumblr, songer aux premières idées vagues qui pourraient ressembler de loin à, mmh, voyons, du féminisme. Donc parler de pédagogie, il faut savoir de qui l’on parle car, à mes yeux, il y a une différence entre une personne qui dit ne pas savoir et veut apprendre, une personne qui ne sait pas et qui s’en fout, et une personne qui va essayer de faire quelque chose avec ce qu’elle pense savoir peut-être-mais-pas-sûr. Parmi les trois exemples que j’ai donné, il n’y a un seul cas qui accepte de s’en remettre à d’autres personnes parce qu’il ne sait pas. Quand on choisit de prendre pour bagages son ignorance pour construire quelque chose, ça devient problématique et, surprise, ça révèle pas mal de stéréotypes.

Rappeler quelqu’un de savoir de quoi il parle n’est pas de l’intransigeance mais, au pire, un appel à la rigueur, au mieux, un conseil.

Et, pour rappel, cette apologie de l’ignorance est le moteur de nombreuses oppressions et ne cesse de croître à l’heure actuelle – surtout en voulant policer à tout prix certaines paroles.

Et si on parlait des bases…

Néanmoins, tout n’est pas à jeter dans ce débat, loin de là. Je pense qu’il y a un certain manque d’articles “mots clés” en général, on peut le retrouver sur certains blogs, et les différents Bingos. Mais la création de néologismes, aussi nécessaire fut-elle, participe également à ce problème d’accessibilité aux bases et à la fixation des notions.

On m’a plusieurs fois dit le problème du “jargon” féministe. Dans une démarche de créer une bibliothèque solide aux références intra-communautaires (j’entends par là des références écrites par des concerné(e)s), on a traduit la “solidité” de ces références par des théories, tout en négligeant la nécessité et la diversité des bases (mais il faudrait un autre article, rien que pour ce sujet) . Jusqu’ici, il n’y a que dans le paysage anglo-saxon que j’ai trouvé des BD, des fan art; en d’autres, des utilisations de la fiction pour rendre accessible ces notions. C’est dans le fait de penser à créer ces médias que devrait s’exprimer notre indulgence, selon moiBah oui, parce que la féministe assise dans un parc en train de boire un café n’est pas le seul média, hein ;)

La diversité des médias ! Voilà un autre élément intéressant à creuser et qui éviterait cette tendance à utiliser certaines féministes comme des leviers encyclopédiques, une tendance récurrente qui gèle la prise d’initiatives.

 

En somme, de ce que j’ai lu, tout a été mélangé. La complexité de ce débat s’attaque au “comment” sans étudier “de qui parle-t-on ? de quelles positions ? de quels médias ?”, etc. J’achèverai ce post sur quelques témoignages reçues lors d’une discussion sur le sujet :

“C’est trop facile de nous demander d’être calme partout, mais de ne jamais nous écouter”

“Y a des moments, j’ai pas envie d’être prof, j’ai juste envie de gueuler. J’ai pas envie d’être productive, tu vois ?”

 

Pour aller plus loin (sur le blog):

Intersectionnalité : il y a un problème

Intersectionnalité : vers un idéal nocif

“Each time made more certain”

source

Cela fait longtemps que je n’avais pas écrit ce genre de post.

J’aurais pu ne pas en parler, et tout simplement faire comme si de rien n’était. Mais, plus le temps passe, et plus je ne comprends pas le manque de civisme et d’indécence des personnes qui insultent et/ou harcèlent librement des personnes que je côtoie sur Twitter et dans la vraie vie, sans raisons. Beaucoup m’ont dit que c’était Internet, que c’était “comme ça” et qu’à mesure que l’on reste longtemps, il y en a toujours un(e) pour arriver et se permettre de nous traiter comme ielle le veut. C’est vrai, il n’y a pas vraiment d’exception à la règle, mais ce que beaucoup de gens oublient est que l’on a encore le droit de ne pas accepter ça.

Malgré les rencontres et les superbes projets, c’est assez dur de rester positif/ve et de payer le prix de ces merveilleuses choses à cause de personnes mal intentionnées, et d’un climat asphyxiant. Je n’ai jamais commencé à parler ou écrire pour les gens, mais d’abord pour moi, et quand bien même je ne cesse de le rappeler, il y aura toujours des gens pour faire de mes posts des plaidoyers à brûler. Je vois le même processus pour des personnes qui ne sont même plus présentes sur les réseaux sociaux, d’autres qui le sont encore; toutes voient leurs voix déformées en un je-ne-sais-quoi qui pourrait leur porter préjudice. Et le silence demeure, en toute impunité.

Hier, une amie m’a dit “Souviens-toi que tu peux te déconnecter. Quand tu le veux, quand tu en as besoin, tu te déconnectes“. C’est un détail basique mais que l’on a tendance à oublier à force d’être connectée tout le temps, non-stop. Alors, on se souvient qu’il suffit de tout éteindre. Et de respirer un bon coup.

Je disais plus haut qu’il était difficile de rester positive face à ce climat virtuel. Mais j’avais oublié quelque chose. J’avais oublié les soirées folles passées  dans des bars ou des souterrains d’université, oublié ces personnes formidables chacune à leur manière, qui vous font rire à en avoir mal au ventre, et ne vous jugent pas. J’avais oublié ces personnes qui m’ont accompagné le temps d’un après-midi, pour une brocante ou un petit-déjeuner. J’avais oublié ces ami(e)s à qui je parle comme des soeurs, qui m’hébergent comme s’il s’agissait de ma seconde maison, qui font plus de bruit que moi. J’avais oublié que j’avais gagné un grand frère sur le tas. J’avais oublié ces chances incroyables qui m’étaient tombées dessus, ces projets, l’enthousiasme, la passion d’être animé(e)s pour les mêmes choses…

Ce qui me marque le plus, est de rencontrer ces personnes plus fortes, plus sûres, plus mûres que moi. Iels doivent certainement l’ignorer mais inconsciemment, savoir qu’il existe des personnes susceptibles de mettre autant de force dans leurs convictions et leurs buts alors qu’ils se prennent le triple des quelques interpellations, cela permet d’avancer. Et, parmi eux, il y en a probablement qui se pensent faibles.

En somme, j’avais oublié que tout cela était ressorti de quelques échanges de tweets par hasard. Lorsque je ferme mon ordinateur, ces choses, ces personnes sont, elles, toujours là. Si l’on m’avait dit que je passerai une partie de mon été avec des personnes rencontrées la même année sur un réseau social, j’aurais certainement soulevé un sourcil, “C’est cela, oui”.

Alors, voilà. J’ai trouvé à quoi me rattacher, quelque chose qu’on ne peut pas enlever ou déformer. J’aimerais que cela suffise, à moi comme à ces amies que je vois épuisées par ce qu’elles subissent. J’aimerais qu’il soit simple d’ignorer et de porter des œillères pour ne voir que le bon. Mais pour l’instant, je pense que quelques jours de vacances ne feront pas de mal.

Sauf sur le blog, bien sûr. Plein de choses sont à venir, mais j’essaye de préparer ça correctement.

Je voulais dire à chaque personne qui m’a laissé un gentil message par mail, par ask ou même par tweet que je les relis souvent, qu’ils ne sont pas tombés dans l’oubli et que ça fait réellement du bien. Je n’ai pas d’autres mots que “merci” à leur donner, mais ma reconnaissance est bien là.

 

 

 

Féminismes islamiques – Zahra Ali

mrsroots:

Jusqu’ici les courants le plus innovants et visant un renouvellement du féminisme intersectionnel, je les ai trouvé dans des mouvements mouvements transnationaux: que ce soit l’afro-antispécisme/véganisme, les critiques non-occidentales des féminismes, il y a toujours quelque chose de plus poussé et de moins sclérosé. Du coup, j’ai ajouté à ma liste de lectures ce bouquin, et je vous invite à lire le résumé qui en est fait :)

Originally posted on quartierslibres:

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Féminismes islamiques : un titre qui en fera sursauter beaucoup, y compris parmi celles et ceux qui se pensent à l’abri de tout préjugé. C’est que le stéréotype «islam = oppression de la femme» croise partout comme un sous-marin, tantôt en surface et pavillon haut, tantôt dans les profondeurs de l’inconscient.

Ce que montre ce livre, le plus souvent on ne le sait pas : que dans les pays où l’islam est la religion dominante, des croyantes puissent lutter pour l’égalité, retourner les textes sacrés contre le patriarcat, s’élever contre les autorités politiques et religieuses qui bafouent les droits des femmes.

De l’Égypte à l’Iran, du Maroc à la Syrie, en France, aux États-Unis et jusqu’en Malaisie, des intellectuelles, des chercheuses et des militantes sont engagées dans une démarche féministe à l’intérieur du monde religieux musulman. Zahra Ali nous fait entendre leurs voix et propose ainsi de décoloniser le féminisme…

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Aux dernières nouvelles…

New York Melody – un film à voir, d’une douceur rare. Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu une comédie qui met de bonne humeur, très loin des comédies romantiques clichés. La musique est magnifique, et le film nous berce de relations en relations sans tomber dans la démesure. En tout cas, je vais l’acheter en DVD !

L’autobiographie de Malcolm X – De la figure contestable à un amour incontestable, c’est mon livre du mois ! (pour ne pas dire de ma vie, se rapprochant de près pour mon amour de Toni Morrison). J’en ai assez parlé ici pour ne pas avoir à justifier sa place dans cet article, n’est-ce pas ? Même après avoir fini ce livre il y a quelques jours, je n’ai pas encore osé lire l’épilogue d’Alex Haley. #macordesensible

L’expo The Great Black Music (5e pour les – de 25 ans) – une expo plus que fournie en informations mais qui reste limitée aux artistes les plus connus de la scène afro internationale. Néanmoins, j’ai apprécié la mise en avant du revers politique des artistes, et les ateliers annexes (comme souffler sur des bougies pour faire apparaître des esprits dans les documentaires,mouahaha.. Bon, ok.). Rafraîchissant, mais une visite ne sera pas assez pour voir tout le contenu ;)

Au Village – Djilor Village – J’ai envie de vous dire, vous même savez la réputation des restaurants afros. Eh bien imaginez le contraire, et vous obtenez un restaurant cosy au personnel très sympathique et à la musique d’actualité (là-bas, on ne passera pas du saga africa,quoi). Je n’ai essayé que les plats africains de la carte, mais promis, je vous rapporterai ce qu’il en est de leur féroce et de leurs accras. Pour sûre,j’y retournerai !

Djilor Village – ex Au Village
86 avenue Parmentier, 75011 Paris (situer sur la carte)
01.48.05.63.45

 

 

 

Déjà mon centième post ! :)

Le tone policing : un silence de longue durée

Dans les débats sur le féminisme sur les réseaux sociaux, la carte « victime » est souvent brandie de pair avec le « tone policing » — le refus de se voir opposer un rappel à la politesse ou au calme dans un débat sur le féminisme.

Quand on est en train d’échanger des arguments sur l’égalité entre les sexes et que votre opposant vous demande de vous calmer, de rester courtoise, c’est condescendant et cela renvoie encore une fois les femmes à un stéréotype d’hystérique émotionnelle.

De plus, les femmes qui s’expriment sont souvent elles-mêmes victimes de discrimination. Demander à une victime de discrimination de « rester calme » quand elle essaie de démontrer la persistence d’injustices dans la société, c’est un peu abusé (alerte euphémisme).

Un peu comme si un•e médecin urgentiste vous demandait d’être patient•e, alors que vous avez mal. Comme si c’était d’une quelconque aide.

Mais peut-être que tous les rappels à la politesse ne sont pas du tone policing. Peut-être que cet argument a tendance à être évoqué un peu trop souvent, peut-être parfois à tort, et alors ? En quoi le ton désagréable de quelques une•s (fût-il justifié, ou non) autorise quiconque à généraliser son jugement à tout un groupe et même tout un courant de pensée ?

“Femmes contre le féminisme: décryptage d’un paradoxe” sur Madmoizelle.com

 

L’article portait sur les “Woman Against Feminism”, mais je me concentrerai essentiellement sur la notion de tone policing. En l’occurence, l’auteur de l’article questionnait l’abus du tone policing,- en toute bonne foi, j’imagine – mais ce qui m’a profondément fait tiquer est le caractère succinct accordé à ce dernier.

Le tone policing est un vecteur pour silencier les minorités, pas seulement une question de politesse dans un dialogue. L’écueil majeur est de penser que le tone policing concerne une parole à un instant T entre deux individus alors qu’il s’agit de paroles d’opprimées, silenciées historiquement, socialement, politiquement.

 

Depuis quand la parole est-elle toujours égale ?

Pour exemple, prenons la littérature et la presse qui furent les premiers médias à profiter d’une visibilité dans l’espace public et de la parole des femmes, puisque l’on parle de féminisme. Dois-je rappeler que les femmes devaient écrire sous couvert de pseudonyme masculin pour être publiées ? Plus encore, les paroles des femmes étaient instrumentalisées suivant certaines narrations, comme dans les années 40-50, où on autorisait des femmes à être journalistes uniquement pour la rubrique ménagère ou autres.

Il y a tout une conception littéraire genrée, que ce soit dans la conception d’un récit ou dans la considération d’un horizon d’attentes prédéfini: par exemple, le roman a été pendant longtemps un genre littéraire dénigré parce qu’il était à destination des femmes, à base de romance. Et quand la parole des femmes fut l’objet d’un courant littéraire comme la Préciosité, au 17e siècle, qui était un rejet des a priori de la patriarchie, elle a été tournée en dérision et a donné lieu à des parodies dont Les Précieuses ridicules de notre bon vieux Molière.

Qu’en est-il donc quand un individu est au centre de plusieurs intersections ? Un formidable exemple de parole instrumentalisée est sans aucun doute “Mayotte Capécia” : une fausse autobiographie écrite par des métropolitains blancs qui font le récit d’une femme noire antillaise qui exprime sa fascination pour les hommes blancs métropolitains, en comparaison aux hommes noirs. C’est trash, hein ?

“Je suis Martiniquaise, 1948, attribué à Mayotte Capécia, est le résultat d’une supercherie montée par l’éditeur parisien Corrêa (Edmond Buchet). Le roman démarque abondamment plusieurs ouvrages du cosmopolite anglophone Lafcadio Hearn, édités en traduction française à Paris par le Mercure de France. La perspective socioculturelle de Hearn, sympathique aux paysans martiniquais vers la fin du XIX e siècle, se trouve détournée, dans Je suis Martiniquaise, vers un érotisme de mauvais aloi qui véhicule un exotisme colonialiste au moment même du passage de la Martinique au nouveau statut de Département d’Outre-Mer.”

Faites cuire le fantasme colonial de la femme noire. Prenez une pincée d’exotisme colonial. Agrémentez le tout d’un ton négrophobe qui s’ignore. Finalisez le tout avec une campagne autour de la fameuse auteure, laissez mariner dans du plagiat. Et voilà ! :)

Aux vues de ces quelques exemples, la parole des femmes a subi tout un processus d’émergence dans une société sexiste (et raciste, dans le cas de Capécia). Il est donc naïf de penser qu’un discours est indépendant et détaché d’autres discours. On serait en l’an 0, entre premiers êtres humains, là peut-être on aurait pu discuter. Cette idée qu’un discours individuel soit détaché de tout contexte historique, social ou politique est un mythe et est une autre manière de nier que les oppressions ne datent pas de 2014, mais s’inscrivent bien dans un continuum.

Il y a des rapports de force entre les discours, et de ce fait, il y a des discours dominants. Le tone policing réside donc dans tout moyen de minimiser, d’invisibiliser ou de déformer la parole d’une minorité. Selon les oppressions, la visibilité de la parole change. Quand une personne exprime son vécu en tant que victime d’un système oppressif, lui dire qu’iel exagère, est une manière d’apposer une valeur à son discours, de le minimiser.

Déni d’expériences : non, ce n’est pas une question de courtoisie.

 

Ce tone policing, est-ce seulement qu’une question de ton ? A mon sens, il est un outil essentiel de la politique de respectabilité. MsDreydful abordait la politique de respectabilité selon une approche anti-raciste :

Le concept de politique de respectabilité peut être aussi valable pour d’autres oppressions, bien sûr, puisqu’il s’agit de rentrer dans un certain moule qu’impose la société pour ceux qui sont “autre”, et que correspondre à ce moule serait en corrélation avec la discrimination subie. Cependant, il s’agit aussi d’un concept ayant d’abord émergé au sein du féminisme noir.

Suivant cette politique de respectabilité, on devrait donc parler de manière posée et pédagogique des oppressions que l’on subit, avec le sourire, s’il vous plaît. Si cela peut sembler caricaturale, songez une minute à la représentation des opprimé(e)s: la féministe est une hystérique frustrée, l’antiraciste exagère toujours car la “République est indivisible” ou encore “on ne voit pas les couleurs”, ou Angry Black Woman pour les afroféministes…etc.
En somme, toute expression visant à dénoncer les systèmes de domination et leurs discours a forcément quelque chose de dérangeant, d’hors-nome et de caricatural. Soit ce n’est pas sérieux, “iels exagèrent”, soit c’est forcément agressif “on vous écouterait si vous n’étiez pas si agressif”, une manière tacite de désamorcer toute possibilité d’écoutes d’un propos afin qu’il ne soit pas pris en considération ou visible. Quant à la colère des opprimé(e)s, elle n’est jamais légitime, toujours hors limite: on appelle toujours à une compréhension, une maîtrise de soi, jamais à une expression naturelle de celle-ci.

En conséquence, même le tone policing sur un forum entre deux individus, est le résultat d’une dynamique sociale et culturelle. Il est une autre manière de garder une emprise sur le discours de l’interlocuteur, sciemment ou non, et il est pratiqué par un féminisme TM excluant. Entre autres minorités exclues, le meilleur exemple est la parole des trans systématiquement silenciée.
Oui, le tone policing peut être une pratique d’un groupe ou d’un mouvement, dès lors que ce dernier choisit de nier et de discriminer l’identité et le vécu d’une catégorie d’individus. La transphobie, l’islamophobie et le racisme évidents de féministes de références, tolérés çà et là par des féministes en est la preuve. Et pourtant, devant ces paroles libérées et cautionnées en silence – tiens, donc – on demande toujours aux discriminées d’être poli(e)s et civilisées.

En conclusion…

Si seulement le tone policing n’était qu’une affaire de courtoisie !  Mais la réalité est là: les oppressions alimentées à base de discours dominants, construisent un imaginaire collectif tronqué dont les paroles des groupes minoritaires sont victimes. De ce fait, le tone policing n’est qu’un outil parmi tant d’autres dans la politique de respectabilité et la maîtrise des oppressions d’autrui : en choisissant la narration des oppressions, on contrôle les espaces d’expressions des minorités silenciées, leurs représentations, leurs droits, etc. Ces mêmes discours oppressifs choisissent le portrait de la victime, qu’il s’agisse de la minimiser ou de la fantasmer.

L’ignorance de ces fameuses WAF (Woman Against Feminism) perpétue ces discours oppressifs, en se basant sur leurs expériences et leurs privilèg(e)s (rappelons l’argument phare est “je n’ai pas besoin du féminisme parce que) pour définir l’utilité du féminisme. C’est de la condescendance et de l’égotrip pur et dur, avant même d’être une critique du/des féminisme(s).

Pour aller plus loin :

“Frantz Fanon, Lafcadio Hearn et la supercherie de « Mayotte Capécia » et surtout ici

PRIVILÈGE BLANC ET CIRCULATION INÉGALITAIRE DE LA PAROLE

Eradication programmée : Premier Acte, Second Acte.(sur la transphobie)

La tyrannie de la respectabilité par MsDreydful

bell hooks on black farmers and racial politics

mrsroots:

Toujours en quête d’infos sur le véganisme, l’antispécisme afros. Je retiens particulièrement ceci: “this [ecologic] self-reliance was vital in an era in which a white supremacist Jim Crow state did not care for Black Americans. Ultimately, she reflects on how Black Americans in her community could feel powerful, knowing that nature will always be more powerful than the white supremacist system that had institutionalized racial segregation.”

Originally posted on The Sistah Vegan Project:

Belonging: A Culture of Place by bell hooks.

I just finished bell hooks’s book, Belonging: A Culture of Place. It was released in October 2008. It is her reflection on black farmers in Kentucky, intersections of race and class, and how uneven power relations and white racism contributed to the loss of black farming land. One of the most important premises of this book is the connection between black self-recovery and ecology, with issues around land and land ownership. As a Black American, she wants to set the record straight: black folks past and present are committed to local food production and organic living; however, the mainstream organic and ecosustainable movement makes it appear that black folks have never known how to live sustainably, appreciate nature, or eat healthy. hooks wrote her book while residing in her home state of Kentucky, contemplating deeply on the politics of regionalism…

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Going back to my natural hair without extensioned box braids (like above, precisely). It’s weird to feel vulnerable and exposed, as if you had embodied a powerful part of yourself and that, for now, you were a whole being including hided fragile parts. I kind of broke down lately: I can’t tolerate how easy people can be intolerant, mean, disrespectful even about people they used to know. The strength, the involvement, the struggle, the wrath and then the break down. I just want to rest and feed myself with peace, books, friendship, safe space, family and days off. My internship is done, my year too and I don’t want to bother yet with next year. I am tired. I wish the growth of my hair reflects the growth of my interior peace. But it’s not.

Reading Malcolm X’s autobiography is like drinking water : simple and needed. I think he had a kind of honesty by not trying to polish who he really was, what he really did and what he really thought. The more I read his words, the more I think how disrespectful it could be to publish his diary, as some publishers plan to do. He was not stupid, he knew what he wanted to make public and what he doesn’t want to.

Review : Bande de Filles

 

(Article originellement publié sur Just Follow Me)

Quand je n’écris ou ne lis pas, je rencontre toujours du monde par hasard, et c’est une rencontre fortuite qui m’a donné la possibilité d’assister à la projection du film Bande de filles, une avant-première organisée par la Quinzaine des Réalisateurs, à Paris.

 

Présenté à Cannes, le film de Céline Sciamma a autant bénéficié que souffert d’une promotion grossière, parfois à l’angle mal choisi avec le label de la “jeunesse noire” (ah bon ?). Si le talent de la réalisatrice est avéré, notamment avec son film Tom Boy, j’étais très sceptique face au bruit médiatique un peu caricatural. Et, plongée au milieu de cette salle obscure bondée jusque dans les escaliers, assise à côté de mon amie, elle aussi, une femme noire, je peux dire qu’heureusement que, ce bruit, je ne l’ai pas écouté…

 

[Attention spoilers]

 

Un œil différent

 

Sciamma ne nous plonge pas dans la banlieue même mais bien dans le quotidien de Marieme (Karidja Touré), une jeune fille de seize ans oscillant entre un foyer régi par l’autorité lourde et violente de son frère aîné, seul homme de la famille, la crainte que ses petites sœurs en subissent les sévices, la pudeur isolante de sa mère, et une société aveugle à sa vie. Ainsi, entre une maison dans laquelle elle n’est pas tout à fait à l’abri et un monde qui ne semble pas l’attendre ou pire, qui n’a pas de place pour elle, Marieme trouve son équilibre dans l’amour de cette autre famille qu’est son groupe d’amies.

 

On retrouve la valeur de cette amitié entre femmes noires qui, plus qu’une affinité, relève souvent de la survie sociale, en proposant un espace sain et sauf pour ces jeunes femmes qui doivent faire face au racisme, au harcèlement de rue, à ce statut social prédéterminé de mère de famille qu’on veut parfois leur imposer. Non, Marieme, elle, veut un avenir, et de cette ascension sociale dont elle semble privée, elle lutte pour conserver au moins ces moments épars de bonheur qu’elle peut saisir.

 

Cette marche en équilibre entre légèreté de l’adolescence et gravité du quotidien, Sciamma la transmet par une esthétique très intelligente : on échappe à l’habituelle playlist rap sortie pour tous les films portant sur la banlieue, pour une bande-son pop et surprenante. Le cadre se fait oublier dans les moments les plus intenses de sorte que le spectateur se retrouve dans ces pièces, et toujours ces courtes pauses d’une douceur extrême, où la gorge se serre.

 

Ces lois invisibles

 

Sans doute la prouesse de la réalisatrice réside dans le rendu de ces lois invisibles, comme cette scène saisissante où ce grand groupe de jeunes filles bavarde joyeusement en rentrant du sport le soir, avant de se taire aussitôt qu’elles ont gravis les premiers escaliers de leur cité, sous le regard lourd des garçons traînant dans les environs. C’est dans ces lois tacites que Sciamma nous montre les codes d’un quotidien que l’on ne connaît pas forcément, une familiarité qui parlera certainement aux plus concernées d’entre nous.

 

Comment donc grandir dans un univers inextricable ? Quelle échappatoire ? L’étau se ressert chaque fois que la caméra vole ces moments d’incertitude et d’angoisse dans le regard de l’adolescente, sans jamais juger, mais toujours témoigner.

 

On regrettera tout de même certains écueils comme l’érotisation de certains moments un peu inutile, et le vide de certains personnages. Aussi, le principal défaut du film est l’instrumentalisation qui va en être faite : je ne serais pas surprise de voir des experts sauter sur ce film pour lui donner un caractère emblématique, effaçant encore une fois la diversité des communautés afros – ce qui manque également au film, mais on ne peut pas tout dire ou tout décrire – et aussi les différentes trajectoires.

 

Un film sur la jeunesse noire, donc ? Non, seulement l’histoire d’autres Marieme rêvant d’être Vic.

 

Soyons honnêtes : le film était aussi très attendu pour la mise en avant des minorités ethniques. Il fut agréable – et même salvateur – que le film ait privilégié le réalisme plutôt qu’un colorisme marketing qui aurait privilégié des actrices et acteurs peu foncées et aux traits européens. Je pense notamment à la romance de Marieme.

 

La qualité du film réside considérablement dans son identité afropéenne : saisissante de justesse, Sciamma ne joue pas la carte des traditions et des origines pour définir l’identité de ces jeunes filles, mais bien l’émergence de leurs personnalités face à leur environnement. La violence, verbale comme physique, est un recours, et le choix d’y avoir recours est un privilège. Ce privilège, ces jeunes filles ne l’ont pas toujours. Quand cette violence s’impose comme le seul moyen de survivre et de s’exprimer, qui sommes-nous pour juger ? Cette réalité n’est pas délivrée de manière misérabiliste, mais bien comme une vérité trop souvent stigmatisée dans les médias, comme lors des émeutes de 2005.

 

Toutes les femmes noires ne se retrouveront pas dans ce film car la couleur ne fait pas notre parcours, mais toutes seront, je pense, heureuses qu’il y ait un film comme celui-ci. Peu de gens comprendront la référence aux cheveux afros coupés, le symbolisme du geste et du cheveu lui-même – comme lorsque Marieme passe des tresses au tissage. Et c’est dans l’intimité de ces détails que, sans doute, chaque femme noire sourira. Pour nos sœurs, nos amies, nos mères. Pour nous-mêmes. J’aime à croire que ce film est une ouverture d’un autre cinéma français encore trop lisse, trop uniforme et unicolore, et qu’il marquera le début d’une belle étagère de films similaires.

 

Avec Karidja Touré, Assa Sylla, Lyndsay Karamoh, Mariétou Touré